À l’occasion de la grande finale de la 1ère édition du Concours Universitaire d’Entrepreneuriat de Guinée (CUEG 2026), le panel inaugural a jeté une lumière crue sur les réalités du secteur privé. Invité à s’exprimer sur la problématique de l’accès au financement, Amadou Kourouma, PDG du Groupe Amafo-Guinée, a tenu un langage de vérité face à une jeunesse en quête de repères.
Le diagnostic d’un parcours semé d’embûches
Interrogé sur les barrières qui freinent l’élan des porteurs de projets en Guinée, Amadou Kourouma n’a pas utilisé de langue de bois. Il a d’abord dépeint un environnement financier structurellement rigide pour les novices.
‘’Aujourd’hui, le jeune entrepreneur guinéen se heurte à un mur d’exigences qui ne correspondent pas à sa réalité. On parle de garanties hypothécaires, d’historiques de crédit et de bilans certifiés alors que le projet est encore à l’état de graine. Ce fossé entre les critères des institutions financières et la précarité du démarrage constitue le premier frein à l’émergence d’une nouvelle génération de champions économiques’’, a-t-il décrit.
Le paradoxe bancaire : ‘’On ne prête qu’aux riches’’
Poursuivant son analyse, le patron du Groupe Amafo-Guinée a pointé du doigt ce qu’il considère comme le paradoxe majeur du système bancaire local : son aversion totale pour le risque lié à l’innovation.
‘’Il faut être lucide : les banques guinéennes ne financent que les entreprises qui réussissent déjà. Elles ne viennent vers vous que lorsque vous avez prouvé que vous n’avez plus besoin d’elles pour survivre. Pour un banquier, accompagner une idée, c’est prendre un risque qu’il n’est pas prêt à assumer’’, a-t-il poursuivi.
L’appel à l’autofinancement et à la résilience
Face à ce constat amer, Amadou Kourouma a prodigué un conseil pragmatique, voire radical, aux étudiants et jeunes diplômés présents. Pour lui, le salut ne viendra pas des guichets bancaires, mais de la capacité de l’entrepreneur à mobiliser ses propres forces.
‘’Ne passez pas vos premières années à faire le pied de grue devant les banques. Comptez sur vos propres ressources, sur votre épargne, sur le soutien de vos proches ou sur le réinvestissement de vos premiers bénéfices pour démarrer. C’est en commençant petit, avec vos propres moyens, que vous bâtirez la crédibilité qui, un jour, forcera ces mêmes banques à courir après vous’’, a-t-il lancé.
Un message d’espoir malgré tout
Malgré la dureté de ses propos, le PDG d’Amafo Guinée a conclu en rappelant que l’entrepreneuriat reste la voie royale pour le développement de la Guinée. En exhortant les jeunes à la patience et à la rigueur, il a souligné que la réussite durable est celle qui se forge dans l’adversité du terrain plutôt que dans l’illusion d’un crédit facile.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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