Six mois après les faits, le silence assourdissant des autorités guinéennes inquiète au plus haut niveau. Ce jeudi 7 mai 2026, un groupe d’experts des Nations Unies a exprimé sa vive indignation face à l’enlèvement de trois mineurs et d’un adulte à Conakry, dénonçant une mesure de représailles visant l’artiste en exil Elie Kamano.
Un enlèvement ciblé et nocturne
Le rappel des faits, tel que décrit par les experts de l’ONU, est glaçant. Le 11 novembre 2025, au petit matin, des hommes masqués soupçonnés d’appartenir à la gendarmerie nationale auraient investi une résidence privée au quartier Matoto, selon l’ONU.
Sous les yeux de leurs proches, trois enfants âgés de 14 à 16 ans ainsi qu’un membre adulte de leur famille ont été emmenés vers une destination inconnue. Seul le plus jeune enfant, âgé de 7 ans au moment des faits, avait été relâché peu après.
L’instrumentalisation des enfants comme « levier »
Pour les experts onusiens, l’opération n’a rien d’un hasard. Elle semble avoir été planifiée pour punir l’artiste de reggae et activiste Elie Kamano, fervent critique de la transition, qui vit aujourd’hui en exil.
« L’enlèvement et la disparition forcée d’enfants, pour punir ou faire pression sur un parent, constituent des actes d’une cruauté exceptionnelle. Instrumentaliser la peur contre des familles pour étouffer la dissidence est une forme grave d’abus qu’aucun État ne peut justifier », lit-on dans la note.
Une liste de disparus qui s’allonge
Cette interpellation de l’ONU intervient dans un climat déjà lourd pour la liberté d’expression en Guinée. Les experts ont rappelé que le sort de plusieurs autres figures reste inconnu, notamment : Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah (activistes du FNDC) ; Habib Marouane Camara (journaliste dont la HAC a récemment encouragé la recherche) ; Sadou Nimaga (ancien secrétaire général du ministère des Mines).
L’exigence d’une enquête indépendante
Face à ce que le droit international qualifie de « châtiment collectif », les experts exigent des autorités guinéennes la révélation immédiate du lieu de détention des enfants et de leur proche; leur libération sans délai; l’ouverture d’une enquête impartiale et approfondie pour traduire les responsables en justice.
Jusqu’à présent, le gouvernement guinéen, par la voix de son porte-parole Ousmane Gaoual Diallo, n’a pas officiellement réagi à ce communiqué spécifique des Nations Unies.
Ci-dessous, la note des experts onusiens
https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2026/05/guinea-government-silence-fuels-fears-children-and-adult-forcibly
Lerevelateur224.com.
