À Boké, le lycée Yomboya, pourtant l’un des plus grands établissements publics de la commune urbaine, fait face à une dégradation préoccupante de ses conditions d’enseignement. Salles insuffisantes, manque criant de tables-bancs, chaleur accablante : le quotidien des élèves et des enseignants est devenu un véritable défi.

Fondé en 1971, cet établissement emblématique a formé des générations de cadres guinéens. Aujourd’hui encore, il continue d’assurer sa mission éducative, malgré des contraintes importantes. Selon son proviseur, Badjon Baro, les résultats pédagogiques restent globalement satisfaisants.

‘’Nous comptons 1 070 élèves, dont 478 filles. Les programmes sont exécutés à un niveau très avancé, certains enseignants ayant atteint 96 %. Nous sommes en bonne voie pour respecter le calendrier scolaire fixé par les autorités’’, a-t-il indiqué.
Mais derrière ces performances, les difficultés structurelles persistent. Le lycée ne dispose que de 11 salles de classe fonctionnelles pour 16 groupes pédagogiques.
‘’Nous avons dû délocaliser deux groupes de terminale vers le lycée Filira. Actuellement, 14 groupes fonctionnent sur place, et chaque jour, trois d’entre eux sont contraints de rester au repos, faute d’espace’’, explique le chef d’établissement.
À cette pénurie de salles, s’ajoute un déficit important en mobilier scolaire. Dans plusieurs classes, les élèves manquent de tables-bancs, tandis que les enseignants évoluent dans des conditions précaires.
‘’Le bureau des professeurs est sous-équipé, les chaises sont insuffisantes, et les salles sont souvent plongées dans l’obscurité. Sans électricité ni ventilation, la chaleur devient difficilement supportable’’, déplore-t-il.

Face à cette situation, l’administration du lycée multiplie les appels à l’aide. Des démarches ont été engagées auprès des autorités et de certains partenaires, mais aucune réponse concrète n’a encore été enregistrée.
‘’Une mission est venue constater les réalités sur le terrain. Depuis, nous attendons un retour. Nous avons besoin d’un soutien urgent pour améliorer les conditions de travail’’, insiste le proviseur.
Du côté des parents d’élèves, l’inquiétude grandit. Beaucoup redoutent un impact négatif sur les apprentissages et appellent les autorités à intervenir rapidement.
Malgré tout, l’équipe éducative reste engagée pour maintenir le cap. Mais sans investissements dans les infrastructures et les équipements, la qualité de l’enseignement au lycée Yomboya risque, à terme, d’en pâtir sérieusement.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
