Le procès de Yama Séga, de son nom à l’état civil Mariama Bah, et de la vlogueuse Maya Kaba, s’est ouvert ce lundi 20 avril 2026, devant le Tribunal de première instance de Mafanco, dans le cadre d’une procédure de flagrant délit à forte résonance publique. Toutes les deux ont été condamnées à deux ans de prison, mais assortis de sursis.
Les deux prévenues étaient poursuivies pour « expressions outrageantes, propos menaçants, atteinte à l’ordre public et à la dignité humaine par le biais d’un système informatique », après leur vive altercation sur les réseaux sociaux.
Première à comparaître, Yama Séga a reconnu les faits sans détour, tout en revenant sur l’origine du différend qu’elle qualifie de « guerre froide » issue d’une amitié brisée.
Selon elle, les tensions trouvent leur source dans des propos tenus en ligne par Maya Kaba, qu’elle a interprétés comme des attaques indirectes.
‘’C’est mon amie, mais nous étions en froid depuis des mois. Je me suis sentie visée dans ses directs. Elle parlait de chirurgie esthétique, et j’ai pensé qu’elle s’adressait à moi’’, a-t-elle expliqué.
Face au procureur, l’artiste a admis avoir franchi les limites, reconnaissant être à l’origine des premières attaques nominatives et avoir tenu des propos injurieux.
‘’J’ai cité son nom la première. J’ai proféré des injures. Je demande pardon. J’ai agi sous le coup de la colère… elle était plus forte que moi’’, a-t-elle déclaré, visiblement éprouvée.
Elle affirme avoir supprimé les contenus incriminés, tout en reconnaissant ne pas avoir anticipé l’ampleur des conséquences. À la barre, Yama Séga a également évoqué l’impact de cette affaire sur sa vie personnelle, évoquant la souffrance de ses proches.
‘’J’ai beaucoup à perdre. J’ai un enfant, une famille. Mes parents sont affectés. J’ai du mal à parler à ma mère… Je regrette sincèrement’’, a-t-elle confié, sollicitant la clémence des autorités et du peuple guinéen.
Interrogée par l’avocat de la partie adverse, Paul Yomba Kourouma, notamment sur certains propos sensibles, elle a réitéré ses excuses en évoquant un sentiment de trahison et d’humiliation.
‘’Je me suis sentie trahie. C’est pour cela que j’ai réagi. Mais je demande pardon’’, a-t-elle insisté.
Après la comparution des deux prévenues, le président a ordonné les plaidoiries et réquisitions.
Dans son réquisitoire, le Procureur a dénoncé un comportement qu’il juge attentatoire aux mœurs et à l’ordre public, fustigeant la dérive observée sur les plateformes numériques en Guinée. Selon le représentant du ministère public, la notoriété des deux prévenues aggrave la portée de leurs actes.
‘’Ce qui s’est passé est inimaginable, impensable. Les réseaux sociaux sont devenus un lieu pour faire passer sa folie. La sensibilité du public a été heurtée par ces propos. Elles doivent savoir qu’en Guinée, on ne fait pas ce qu’on veut ; on a nos mœurs, nos coutumes’’, a-t-il fustigé.
Le Procureur Kanfory Ibrahima Camara a demandé au juge de retenir les deux prévenues dans les liens de culpabilité pour les faits d’injures, de diffamation et d’atteinte à la dignité humaine via le système informatique. Il a ainsi requis :
Une peine de 2 ans d’emprisonnement assortie de sursis pour chacune des deux prévenues. Le paiement d’une amende de 30 millions GNF chacune, soit un total de 60 millions d’amende.
Finalement, toutes les deux ont été condamnées à deux ans de prison, mais assortis de sursis. Elles doivent payer un montant de 40 millions. Aussi, elles ne sont pas autorisées à faire des publications en dehors du cadre professionnelle pour une certaine durée.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
