Le paysage politique et économique guinéen est en deuil. El Hadj Mamadou Sylla, président de l’Union des Démocrates de Guinée (UDG) et richissime homme d’affaires, a rendu l’âme aux premières heures de ce jeudi 16 avril 2026, à son domicile de Dixinn Bora. Entre émotion et recueillement, les témoignages affluent sur les circonstances d’un départ aussi soudain que paisible.
C’est une page de l’histoire contemporaine de la Guinée qui se tourne. Ce jeudi matin, la nouvelle du décès de Mamadou Sylla s’est propagée comme une traînée de poudre dans la capitale. Très tôt, une foule composée d’amis, de compagnons de lutte, d’anciens ministres et de citoyens anonymes a convergé vers sa résidence de Dixinn Bora pour rendre un dernier hommage à celui qui fut, pendant des décennies, un acteur majeur de la vie publique nationale.
Les derniers instants : un départ dans le silence
Présent à la maison mortuaire, l’honorable Dembo Sylla, oncle du défunt et vice-président de l’UDG, a partagé avec émotion le récit de leurs derniers échanges. Rien, la veille, ne laissait présager une fin si proche.
‘’Nous avons travaillé ensemble dans son bureau jusqu’à 16 heures hier mercredi’’, confie-t-il. ‘’Après la prière à la mosquée voisine, nous avons fait le résumé de la journée avant de nous séparer vers 17 heures. Il était serein, fidèle à ses habitudes’’, assure-t-il.
C’est finalement au lever du jour que le destin a basculé. Selon les précisions apportées par son assistant personnel, surnommé « Kenien », le leader de l’UDG s’est éteint seul, dans le calme de son salon.
Un rituel matinal interrompu
Le témoignage de son assistant décrit une scène empreinte d’une étrange tranquillité. À 6 heures du matin, alors qu’il préparait comme à l’accoutumée le petit-déjeuner du « Patron », l’assistant a remarqué un détail inhabituel : ni la télévision, habituellement branchée sur les chaînes d’information internationales, ni la radio, sur laquelle il suivait les émissions interactives, n’étaient allumées.
Mamadou Sylla a été retrouvé assis dans son fauteuil habituel, celui-là même d’où il observait le monde et gérait ses affaires. C’est en tentant de lui servir son café que son assistant a constaté son inertie. Prévenu immédiatement, son frère aîné, El Hadj Malick, n’a pu que constater le décès.
‘’C’est à 6 heures du matin que son frère aîné m’a appelé pour me dire qu’il ne répondait plus. Son assistant personnel, Kenien, qui s’occupe de sa logistique, m’a expliqué qu’il préparait le déjeuner comme tous les jours. En entrant, il a trouvé le patron assis dans son fauteuil, mais a été frappé par le silence : la télé et la radio étaient éteintes.
Il s’est approché pour lui dire que le café était prêt, mais il n’a pas eu de réponse. En soulevant son bras, il a compris que le corps était inanimé. C’est ainsi qu’il a alerté El Hadj Malick. Il s’en est allé là où il avait l’habitude de suivre France 24 et les radios guinéennes chaque matin’’, a relaté El Hadj Dembo Sylla
L’héritage d’un bâtisseur
Mamadou Sylla laisse derrière lui un héritage immense. Homme d’affaires autodidacte, il avait bâti un empire avant de se lancer avec détermination dans l’arène politique, occupant notamment le rôle de Chef de file de l’opposition sous la précédente législature.
Alors que les hommages continuent d’affluer de toutes parts, la classe politique salue la mémoire d’un homme de dialogue et d’un opérateur économique d’envergure qui aura marqué des générations de Guinéens.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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