Par décision n°009/HAC/P/2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a publié ce samedi 11 avril 2026, le cadre réglementaire régissant la couverture médiatique des prochaines élections législatives et communales. Entre égalité de temps d’antenne, lutte contre la désinformation par l’IA et encadrement strict des radios privées, l’institution régulatrice dessine les contours d’une campagne sous haute surveillance.
Réunie en assemblée plénière extraordinaire, les commissaires de la Haute Autorité de la Communication (HAC) ont tranché. Suite au report des élections législatives et communales au 31 mai 2026, l’organe de régulation a mis à jour les modalités de la campagne médiatique pour garantir un scrutin apaisé et équitable.
Un calendrier de campagne différencié
L’article 3 de la décision précise les périodes de couverture médiatique :
Élections législatives : Du 1er mai (00h00) au 28 mai 2026 (23h59).
Élections communales : Du 11 mai (00h00) au 28 mai 2026 (23h59).
Ce décalage souligne l’importance accordée au scrutin national tout en maintenant une fin de campagne commune, respectant le silence électoral de 48 heures avant le vote.
Le défi de l’Intelligence Artificielle et de la désinformation
L’une des innovations majeures de cette décision réside dans l’article 4. Pour la première fois de façon aussi explicite, la HAC interdit toute « manipulation des informations et des propos par l’usage incontrôlé et irresponsable de l’intelligence artificielle (IA) ».
Face à la menace des deepfakes et des contenus viraux mensongers, les médias de service public sont appelés à redoubler de vigilance. L’objectif est clair : protéger la cohésion nationale contre tout contenu haineux ou dénigrant.
Égalité de temps d’antenne : Le « Journal de Campagne » comme pilier
Pour assurer l’équilibre, la HAC réactive les programmes phares de la RTG et des stations rurales :
Les listes nationales (représentation proportionnelle) bénéficient de 5 minutes par jour dans le « Journal de Campagne » diffusé à 20h30.
Les candidats au scrutin majoritaire et communal disposent de 3 minutes sur les antennes locales à 20h.
En complément, l’émission de débat « Face à face » fera son retour. Deux grands débats nationaux sont prévus : un de 90 minutes pour les listes nationales et un de 60 minutes pour les candidats individuels.
Les radios privées mises à contribution
Fait notable, la HAC a désigné une liste précise de radios privées dans la zone spéciale de Conakry (Radio Evasion, Continental FM, Soleil FM, etc.) pour diffuser gratuitement le « Journal de Campagne » par circonscription. Si ces radios souhaitent diffuser des contrats payants pour des candidats, elles doivent impérativement le faire en dehors des tranches horaires réservées à la campagne officielle.
Presse écrite : 1 500 signes pour convaincre
Le quotidien national Horoya et l’AGP (Agence Guinéenne de Presse) sont également mis à contribution. Chaque candidat aura droit à un espace d’insertion égal de 1 500 signes (environ un quart de page), publié de façon alternée et gratuite.
Des sanctions exemplaires
Le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, et les dix commissaires ayant siégé ont été fermes : tout manquement à ces dispositions — qu’il s’agisse d’un dérapage lors d’une émission interactive ou du non-respect de l’équilibre — expose les médias à des sanctions allant jusqu’à la suspension immédiate de leur participation à la campagne.
À moins de deux mois du scrutin, le cadre est désormais posé. Il appartient désormais aux états-majors politiques et aux professionnels de l’information de s’approprier ces règles pour une élection que tous espèrent transparente et exemplaire.
Ci-dessous, la décision y afférente
Lerevelateur224.com.

