En marge de l’examen et de l’adoption de la Loi de Finances Initiales (LFI) 2026, à l’hémicycle du Palais du Peuple de Conakry, le Président du CNT, Dr. Dansa Kourouma a interpellé le Gouvernement sur les grands chantiers auxquels il devrait faire face.
Pour le Dr. Dansa Kourouma, au-delà des agrégats budgétaires, des équilibres macroéconomiques et des projections, il y a une réalité que nul ne peut ignorer : celle des populations qui attendent, qui espèrent, et qui interpellent l’action publique.
‘’Dans nos grandes villes tout comme dans les périphéries, dans nos villages et nos quartiers, l’attente est immense. Ce sont encore des localités entières qui manquent d’accès à l’eau potable ; des écoles sans enseignants, des salles de classe dans un état de dégradation avancée ou des programmes d’enseignement moins performants.
Ce sont des structures sanitaires dépourvues d’équipements adéquats, où l’accès aux soins demeure encore un défi quotidien. Ce sont aussi des institutions régaliennes de la République : la gendarmerie, la police, les cours et tribunaux etc. qui continuent d’exercer leurs missions dans des bâtiments ne relevant pas du patrimoine de l’État, compromettant ainsi l’autorité et la dignité de l’action publique.
Ce sont des zones rurales encore enclavées, où les producteurs peinent à acheminer leurs produits vers les marchés, faute d’infrastructures adaptées. Et ce sont, surtout, des milliers de jeunes qui, chaque année, arrivent sur le marché de l’emploi sans perspectives concrètes, confrontés à la difficulté d’accéder à leur premier emploi’’, a-t-il assuré.
Face à ces nombreux défis, le Président du Conseil National de la Transition estime que la responsabilité des Conseillers nationaux et du Gouvernement est déterminante. Il s’agit pour lui de faire en sorte que le budget de l’État soit à la hauteur des ambitions du pays.
‘’L’adoption de cette Loi de Finance Initiale exige de nous un examen rigoureux. Chaque article, chaque chiffre et chaque programme budgétaire mérite notre attention et notre réflexion approfondie. Nous devons nous assurer que les ressources sont affectées de manière équitable et efficace, que les priorités nationales sont respectées et que les citoyens ressentent concrètement les effets de nos décisions.
Il ne s’agit pas seulement de chiffres sur le papier : il s’agit de projets qui touchent la vie des citoyens, de politiques qui influencent la santé, l’éducation, le travail et le bien-être quotidien. Nous devons donc faire preuve de discernement, de lucidité et d’un esprit de consensus, afin que cette loi soit non seulement techniquement solide mais également socialement juste et politiquement responsable.
Chaque dépense, chaque investissement et chaque mesure adoptée aujourd’hui contribue à bâtir une Guinée forte, capable de relever les défis du 21e siècle et d’assurer un avenir digne à ses générations futures. Mesdames et Messieurs, nos responsabilités vont au-delà des murs de cette enceinte. Chaque décision que nous prenons ici se répercute dans les foyers, les écoles, les infrastructures, les hôpitaux et les entreprises de notre pays. La qualité de notre travail parlementaire doit donc se traduire par des impacts positifs et tangibles sur le quotidien des citoyens. C’est là la véritable mesure de notre engagement et de notre devoir envers la Nation’’, a-t-il lancé.
Pour lui, ‘’dans les relations entre l’exécutif et le législatif, chaque irrecevabilité ne saurait être un simple acte technique : elle peut être perçue comme un désaveu. Chaque désaccord procédural, chaque divergence dans la délibération peut fragiliser la confiance. Chaque vote défavorable, enfin, peut être interprété comme un défi adressé à l’action gouvernementale dans son ensemble. Il nous revient donc, en tant que représentants de la nation, de faire prévaloir l’esprit de coopération sur la tentation de l’affrontement, dans l’intérêt supérieur du peuple.
Ce travail marque, à bien des égards, une étape importante. Il témoigne d’une capacité d’adaptation institutionnelle et d’un sens des responsabilités qui honorent notre expérience parlementaire. Il s’inscrit comme une contribution singulière dans le paysage africain, illustrant qu’en période de transition, il est possible de concilier exigence démocratique et efficacité dans l’action publique.
En examinant et adoptant cette Loi de Finance Initiale, nous avons fait le choix de l’espoir contre l’immobilisme, de l’engagement contre l’attentisme, et de la responsabilité contre la facilité. Et c’est en cela que notre action trouve tout son sens et toute sa légitimité’’, a martelé Dr. Dansa Kourouma.
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