L’hémicycle du Palais du Peuple a vibré ce mercredi 25 mars 2025, au rythme de la rentrée solennelle du Gouvernement devant la représentation nationale. En prélude à la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre Amadou Oury Bah, le Président du Conseil National de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, a prononcé un discours d’une rare densité, marquant le passage définitif de « l’urgence transitionnelle » à la « maturité républicaine ».
Devant un parterre de diplomates, de présidents d’institutions et de conseillers nationaux, le Dr Dansa Kourouma a ouvert la séance avec une solennité qui sied aux grands tournants de l’histoire. Pour le président de l’organe législatif, cette présentation n’est plus une simple formalité : c’est l’acte de naissance d’une pratique démocratique enracinée dans la nouvelle Constitution.
De l’exception à la normalité constitutionnelle
Le point d’orgue de l’intervention de Dr Dansa Kourouma réside dans son analyse de la trajectoire guinéenne.
‘’Nous ne sommes plus dans l’effort fragile des transitions. Nous sommes entrés dans un temps plus exigeant : celui de la maturité républicaine’’, a-t-il indiqué.
En rappelant que le Premier ministre se prête à cet exercice pour la deuxième fois en trois ans, le président du CNT a salué une « tradition républicaine » qui s’installe, portée par la vision du Chef de l’État, Mamadi Doumbouya. Ce passage de l’exception à la légitimité institutionnelle impose, selon lui, une transformation profonde des méthodes de gestion.
Simandou 2040 : Une ambition sous discipline
Abordant les chantiers économiques, Dr Dansa Kourouma a placé le projet Simandou au cœur de l’action gouvernementale. Mais loin de tout triomphalisme, il a appelé à une « discipline » rigoureuse.
‘’Les grandes ressources peuvent être une bénédiction comme elles peuvent devenir une épreuve. Tout dépend de la manière dont elles sont gouvernées’’, assène-t-il.
Il a insisté sur la nécessité de cohérence entre la Loi programme Simandou 2040 et les réalités quotidiennes des Guinéens, rappelant que la réussite de ce mégaprojet exige une synergie totale au sein de l’exécutif.
Un cahier de charges social et environnemental
Le discours n’a pas occulté les préoccupations majeures des citoyens. Le Dr Kourouma a dressé une liste d’attentes claires que le Gouvernement devra transformer en résultats tangibles :
Santé et Éducation : La mise en œuvre effective de la couverture santé universelle et la scolarisation des jeunes filles.
Justice et Foncier : Une justice qui demeure la « boussole » et une régulation stricte du foncier pour stopper la spéculation sauvage des terres.
Environnement : Un cri d’alarme face à la déforestation, notamment dans les zones minières, appelant à une politique volontariste de reboisement.
Le Parlement, une « conscience organisée »
Enfin, Dr Dansa Kourouma a redéfini les rapports entre le CNT et le Gouvernement. Refusant tant la « complaisance institutionnelle » que « l’opposition stérile », il prône une « tension féconde ». Le Parlement ne sera pas un décor, mais un acteur de contrôle rigoureux.
‘’L’histoire ne retient pas les intentions, elle retient les résultats’’, a-t-il lancé en guise de conclusion à l’endroit du Premier Ministre.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

