Après plusieurs mois d’interruption, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), via l’ONECI, a relancé la production des actes d’état civil sécurisés. À la mairie de Gbessia, comme ailleurs, l’heure est à la résorption du retard dans une atmosphère de gratuité affirmée, malgré les habitudes de « l’urgence » qui ont la peau dure.

Cette reprise intervient après une période de vide qui avait freiné de nombreuses démarches administratives.
L’interruption, qui a duré plusieurs semaines, était due à des contraintes logistiques majeures. Selon les responsables locaux, la situation est désormais sous contrôle. Alpha Oumar Bah, chef service de l’État civil de Gbessia, précise le contexte de cette reprise.

« On a fait plus de six mois, il y avait une rupture dans toutes les communes de la Guinée. Une rupture en papiers sécurisés et des reçus GOV, il y a maintenant près de deux mois, depuis qu’on a repris les activités », assure-t-il.
Cependant, un constat demeure : l’affluence est encore timide, la population ayant tendance à ne solliciter l’administration qu’au pied du mur.
« Les gens sont habitués au fait que c’est quand on est dans l’urgence qu’on vient pour prendre les papiers. C’est quand on nous demande un papier quelque part, soit à l’ambassade ou pour le travail, on vient à la mairie », regrette M. Bah.
L’un des piliers de cette relance est la gratuité totale de l’opération pour les citoyens âgés de 16 ans et plus. Une mesure forte visant à faciliter l’accès à ce service essentiel. Sur le terrain, les usagers semblent confirmer le respect de ces consignes. Mohamed Lamine Soumah, un citoyen rencontré sur place, témoigne de la fluidité du processus.

« En tout cas, moi, quand je viens, c’est que la loi me dit que je suis la seule règle. J’ai deux pauses. On me donne une date de venir prendre. À moins que moi, je leur donne quelque chose si je veux. Mais on ne m’a jamais demandé quelque chose », témoigne-t-il.
Si le service est gratuit, il n’en demeure pas moins rigoureux. L’administration insiste sur le respect des procédures de vérification, une étape cruciale pour assainir le fichier de l’état civil guinéen. L’officier de l’état civil de Gbessia rappelle avec fermeté. « Tout ce qu’on est en train de faire aujourd’hui, c’est vraiment gratuit. C’est gratuit. On ne doit rien payer. Même la photo, on ne doit rien payer. Mais vous savez, le Guinéen n’aime pas respecter la procédure. […] Vous venez, vous faites le dépôt, on vous donne un délai de traitement parce qu’on doit traiter les dossiers. Vous envoyez votre extrait de naissance, on doit l’examiner d’abord si c’est un bon extrait de naissance. Parce qu’il n’y a plus de faux que de bons. La plupart des Guinéens n’ont pas d’acte de naissance.»
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
