Après trente jours d’ascèse, de pénitence et d’intense dévotion, la communauté musulmane de Guinée a célébré ce vendredi 20 mars 2026 l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois saint de Ramadan. À Mafanco, dans la commune de Matam, la grande mosquée a vibré au rythme des prières et des messages de paix.

Dès l’aube, un flot incessant de fidèles a envahi les rues de Mafanco. Vêtus de leurs plus beaux boubous brodés et parures éclatantes — hommes, femmes et enfants ont pris d’assaut l’enceinte de la grande mosquée et ses abords pour s’acquitter de la prière collective. L’atmosphère, empreinte de piété, témoignait du soulagement et de la gratitude des croyants après un mois d’effort spirituel.
Un appel à la constance dans la foi
Dans son sermon de circonstance, Elhadj Aboubacar Sylla, imam ratib de Mafanco, a rappelé la portée symbolique de cette journée, qu’il qualifie de « jour de gloire et d’adoration ». Cependant, l’officiant a tenu à mettre en garde les fidèles contre un relâchement de la pratique religieuse après le départ du mois de jeûne.
‘’Que celui qui adore Allah pendant le Ramadan sache que ce mois saint est parti ; mais que celui qui adore Allah sache qu’Il est toujours là’’, a-t-il assuré, invitant ainsi les musulmans à pérenniser les bonnes actions et la piété au-delà des trente jours écoulés.
La Zakat al-Fitr : La clé de la validation du jeûne

L’un des points saillants du prêche a été l’insistance sur la Zakat al-Fitr, communément appelée « Moudi ». L’imam a rappelé le caractère obligatoire de cette aumône de rupture, essentielle pour parfaire le jeûne.
S’appuyant sur les enseignements du Prophète Mohammed (PSL), Elhadj Sylla a expliqué que le jeûne reste « suspendu entre le ciel et la terre » tant que cette zakat n’est pas versée. Il a d’ailleurs lancé un appel plein de compassion à l’endroit de ceux qui traversent des difficultés financières.
‘’Ceux qui n’en ont pas pour le moment, qu’ils attendent dès qu’ils rentrent en possession de leur salaire pour s’en acquitter’’, a-t-il prêché.
Prières pour la cohésion nationale
La cérémonie s’est clôturée dans une note d’espoir et de fraternité. Face aux défis actuels du pays, l’imam Aboubacar Sylla a formulé d’ardentes prières pour la stabilité de la nation. Il a imploré la grâce divine pour que règnent la paix, l’entente et l’unité entre tous les fils et toutes les filles de Guinée.
Alors que les fidèles regagnaient leurs domiciles pour poursuivre les festivités en famille, le message de l’imam résonnait comme un rappel que la véritable fête réside dans le partage et la réconciliation.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
