Ce dimanche 8 mars 2026, au sortir d’une décision radicale des autorités de transition prononçant la dissolution de plusieurs formations politiques majeures, le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) est sorti de sa réserve. Dans un discours aux accents de manifeste historique, Cellou Dalein Diallo a acté la rupture définitive avec le CNRD et appelé les Guinéens à « l’union sacrée » contre ce qu’il qualifie de « dictature ».
Le constat d’un « déclin national »
C’est un homme au ton grave, mais déterminé, qui s’est adressé à ses militants et à l’ensemble des citoyens guinéens. Pour l’ancien Premier ministre, la date du 5 septembre 2021, autrefois perçue par certains comme un espoir de renouveau, est désormais officiellement désignée comme le point de départ d’un « véritable déclin national ».
‘’Chaque fois que nous pensions avoir touché le fond de l’abîme, une nouvelle escalade nous précipite davantage dans les ténèbres’’, a-t-il martelé, dénonçant une volonté délibérée de la junte de rayer de la carte les acquis démocratiques obtenus au prix de décennies de lutte.
La mise à mort du pluralisme politique
La dissolution de l’UFDG, fer de lance de l’opposition depuis près de vingt ans, est perçue par son leader comme l’acte final d’une stratégie de confiscation du pouvoir. Cellou Dalein Diallo n’a pas mâché ses mots à l’égard du chef de l’État Mamadi Doumbouya, l’accusant de vouloir instaurer un « parti-état » pour pallier son manque de « légitimité et d’assise électorale ».
L’opposant décrit un climat de terreur caractérisé par des « assassinats ciblés, des disparitions forcées et des séquestrations », affirmant que le régime actuel s’arroge désormais « un droit de vie et de mort » sur les citoyens et les institutions.
La fin de l’illusion du dialogue
Le point de rupture le plus significatif de ce discours réside dans l’abandon de la voie diplomatique. Face à ce qu’il appelle le « silence assourdissant de la communauté internationale », Cellou Dalein Diallo estime que les recours légaux sont désormais épuisés.
‘’Nous savons désormais que ce n’est ni par le dialogue, ni par la voie démocratique, ni par les moyens légaux qu’on obtiendra des changements politiques’’, a-t-il dénoncé.
Invoquant Thomas Jefferson « Quand l’injustice devient loi, la résistance devient un devoir » le leader de l’UFDG a appelé à une « résistance frontale » et à une « lutte de libération ».
Un appel à l’union sacrée
Conscient des divisions qui ont souvent affaibli l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo a lancé un appel pressant à taire les « clivages actuels et les rancœurs du passé ». Pour lui, l’heure n’est plus à la compétition électorale, mais à la survie de la nation. Il promet que « le moment venu, chacun répondra de ses actes », marquant ainsi la fin de la culture de l’impunité qu’il juge responsable de la récidive dictatoriale en Guinée.
En conclusion, ce discours du 8 mars 2026 marque un tournant majeur. En appelant à la résistance par « tous les moyens », Cellou Dalein Diallo place le pays face à une incertitude totale, où la confrontation entre une junte qui durcit le ton et une opposition acculée semble désormais inévitable.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

