Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières, Aly Touré, a apporté des précisions sur la remise en liberté provisoire de l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana, à l’issue de l’audience tenue ce vendredi à Conakry.
Face aux journalistes, le magistrat a expliqué que la démarche du parquet spécial repose essentiellement sur des considérations humanitaires liées à l’état de santé du prévenu.
Selon lui, l’ancien chef du gouvernement est hospitalisé depuis plusieurs années, après avoir développé diverses pathologies depuis son incarcération à la Maison centrale de Conakry.
« C’est un prévenu qui est hospitalisé depuis belle lurette. Depuis son incarcération à la maison centrale, il a développé quelques pathologies. Donc, il est resté hospitalisé sous les frais de l’État pendant plusieurs années. C’est pourquoi, par humanisme, nous-mêmes, on a fait la demande à la Cour pour qu’il soit momentanément libéré », a déclaré le procureur spécial.
Mieux, Aly Touré a également précisé qu’à partir du moment qu’il remis en liberté provisoire, les frais médicaux de l’ancien Premier ministre ne seront plus pris en charge par l’État guinéen.
« Depuis tout le temps, il était à la charge de l’État pour ses soins. Mais à partir d’aujourd’hui, ses frais de soins relèvent exclusivement de lui. Il n’est plus à la charge de l’État pour ses soins », a-t-il indiqué.
Le procureur spécial a révélé que le parquet avait assorti sa demande de libération provisoire de plusieurs mesures de prudence, dont certaines n’ont pas été retenues par la cour. Parmi ces recommandations, figurait notamment l’interdiction pour le prévenu de s’exprimer dans les médias.
Le magistrat prévient toutefois que toute violation de certaines obligations pourrait entraîner un retour en détention.
« Au cas où on constaterait que ces mesures-là sont en train d’être transgressées, nous estimerons que sa liberté ne sera plus nécessaire, et il faudra le reprendre », a-t-il averti.
Interrogé sur la possibilité pour l’ancien Premier ministre de se rendre à l’étranger pour recevoir des soins, le procureur spécial a précisé que cette décision ne relève pas de ses compétences.
« Ça ne relève pas de moi. Moi, je suis un poursuivant, je suis focus sur ma procédure », a-t-il affirmé.
Depuis l’ouverture du procès devant la CRIEF, Ibrahima Kassory Fofana ne s’est jamais présenté devant la juridiction, ses avocats invoquant régulièrement la dégradation de son état de santé. Le procureur spécial assure toutefois que l’absence du prévenu ne bloquera pas la procédure judiciaire.
« Il est libre de se présenter, tout comme il est libre de ne pas se présenter. Mais s’il ne se présente pas aux prochaines audiences, le parquet sera obligé de demander à la cour de passer aux plaidoiries et aux réquisitions », a-t-il prévenu.
Poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite, l’ancien Premier ministre sous la présidence de Alpha Condé reste donc sous le coup de poursuites judiciaires, malgré sa remise en liberté provisoire pour raisons de santé.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
