Poursuivi sur la base des articles 406 à 408 et 585 à 586 du Code pénal relatifs au stellionat, au faux et à l’usage de faux, le directeur préfectoral de l’Habitat de Kankan, Abdoulaye Diakité, a comparu ce mardi 3 mars 2026, devant le tribunal de première instance de Kankan. Un chef de quartier, Abou Cissé, également cité dans le dossier, est poursuivi pour usurpation de fonctions, complicité de faux et usage de faux, ainsi que complicité de stellionat.

À la barre, les débats ont notamment porté sur l’authenticité des documents incriminés, ainsi que sur les responsabilités présumées dans la procédure d’établissement des actes.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le TPI de Kankan, a demandé la condamnation de Abdoulaye Diakité à cinq (5) ans d’emprisonnement assortis de sursis et au paiement d’une amende de 15 000 000 GNF. Concernant le chef de quartier Abou Cissé, le ministère public a requis quatre (4) ans d’emprisonnement assortis de sursis et une amende de 3 000 000 GNF.

Le chef du parquet d’instance de Kankan, Fodé Bintou Keita a tenu à rappeler que la décision finale revient au tribunal. ‘’Ce n’est pas le ministère public qui rend la décision. C’est le juge qui dira si les poursuites sont fondées, si l’infraction est établie, si elle est imputable aux prévenus et, le cas échéant, s’ils sont coupables des faits qui leur sont reprochés’’, a-t-il rappelé.
Il a également souligné que le tribunal correctionnel a une fonction d’éducation et de régulation sociale, estimant que la peine assortie de sursis pourrait être appropriée, notamment au regard du fait que le préjudice allégué serait rentré dans l’ordre.
À la sortie de l’audience, Maître Mohamed Doumbouya, avocat de la défense, a vigoureusement contesté les accusations portées contre son client. Selon lui, le dossier relèverait davantage d’une procédure administrative que pénale.

‘’S’il devait y avoir une procédure contre M. Abdoulaye Diakité, elle devrait être administrative. Il a agi en tant que directeur préfectoral dans le cadre d’actes administratifs. En cas de contestation, la loi prévoit un recours gracieux ou contentieux, et non une procédure pénale’’, a-t-il déclaré.
L’avocat a également dénoncé ce qu’il qualifie d’acharnement du ministère public, affirmant que les éléments constitutifs des infractions de stellionat, de faux et d’usage de faux ne seraient pas réunis.
L’affaire a été renvoyée au vendredi 6 mars 2026, pour la suite des débats. La décision du tribunal est désormais attendue pour déterminer si les poursuites engagées contre le directeur préfectoral de l’Habitat et le chef de quartier, sont fondées.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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