Après près de quatre années de détention provisoire, l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire, Ibrahima Kourouma, a été définitivement fixé sur son sort ce mardi 17 février 2026. La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) l’a déclaré non coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, faits qui lui étaient reprochés.

Incarcéré depuis le 21 avril 2022, l’ex-membre du gouvernement du régime Alpha Condé, faisait face à des accusations portant sur un prétendu préjudice estimé à 612 milliards de francs guinéens (GNF) et 12 millions de dollars américains. Un dossier hautement sensible, suivi de près par l’opinion publique en Guinée, tant par l’ampleur des montants évoqués que par la stature politique de l’accusé.
La juridiction, présidée par Francis Kova Zoumanigui, a finalement renvoyé Ibrahima Kourouma des fins de la poursuite, mettant un terme à une procédure longue et conflictuelle. La demande de la partie civile qui réclamait cinq milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts a également été rejetée.
À l’annonce du verdict, l’émotion était palpable parmi les avocats de la défense. Me Soufiane Kouyaté n’a pas caché sa satisfaction, saluant une décision qu’il qualifie de « juste » après des années de combat judiciaire pour faire reconnaître l’innocence de son client.
Selon lui, cette décision n’est pas une surprise, rappelant que le même magistrat avait déjà ordonné la remise en liberté de l’ex-ministre lorsque son mandat de détention était devenu caduc.
‘’Le juge Kova est pétri en matière d’enrichissement illicite et de détournement. Le voir rendre une telle décision ne peut que nous réjouir’’, a-t-il déclaré.
D’après la défense, Ibrahima Kourouma devrait recouvrer la liberté dès ce jour, la loi guinéenne prévoyant qu’une personne acquittée soit libérée sans délai. Me Kouyaté a toutefois dénoncé une pratique administrative consistant à exiger un « ordre de mise en liberté », non prévu par les textes.
Plus encore, l’avocat estime que son client pourrait prétendre à une indemnisation de l’État, au regard du temps passé en détention alors qu’il a été reconnu non coupable.
Ce verdict marque un tournant majeur dans l’un des dossiers les plus emblématiques traités par la CRIEF. Pour Ibrahima Kourouma, c’est la fin d’un long cauchemar judiciaire et le début, peut-être, d’un nouveau chapitre.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
