À l’occasion d’un atelier de formation organisé ce samedi 14 février 2026 par le REMAPSEN, Moussa Iboun Conté, président du réseau, a dressé un bilan peu reluisant de la situation du journalisme en Guinée.
Alors que le pays entre dans une nouvelle ère constitutionnelle après l’élection de Mamadi Doumbouya, M. Conté déplore une « occasion manquée » pour le secteur des médias durant la transition.
Le ton était à la franchise, presque à l’amertume. Invité à s’exprimer lors d’un atelier portant sur le financement domestique des Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive (DSRR), Moussa Iboun Conté a profité de la tribune pour poser un diagnostic sans complaisance sur l’état de la presse guinéenne.
Une transition sans « refondation » pour les médias
Pour le président du Réseau des Médias Africains pour la promotion de la santé et l’environnement (REMAPSEN), la période de transition qui vient de s’achever aurait dû être le socle d’une réforme profonde du métier. Malheureusement, selon lui, le secteur est le grand oublié de la « refondation »
‘’On a refondé tous les secteurs, sauf le secteur des médias’’, a-t-il affirmé, soulignant que les problèmes structurels n’ont été qu’effleurés pendant ces quatre dernières années.
Le cri de cœur pour les médias d’État
M. Conté a particulièrement insisté sur la précarité des journalistes du service public. Selon lui, leur dépendance vis-à-vis du cabinet du ministère de l’Information et de la Communication freine tout épanouissement professionnel.
‘’Aujourd’hui, les journalistes des médias d’État, on les a laissés dans une situation précaire. Les gens pensent qu’on a réglé les problèmes. Ça n’a pas été réglé. Il fallait régler ce problème, en leur accordant une autonomie, en détachant carrément les médias d’État du cabinet des ministres des informations et de la communication. S’ils avaient une grande autonomie, les gens allaient être heureux là-bas. Mais ils vont se retrouver dans la même situation que nous, parce qu’ils n’auront que leur salaire’’, a-t-il déploré.
« La quête permanente de l’argent » : Les acteurs de la presse pointés du doigt
L’aspect le plus cinglant de son intervention visait ses propres confrères et les représentants des associations de presse. Moussa Iboun Conté n’a pas hésité à pointer une responsabilité collective dans cet échec. Selon lui, au lieu de pousser le gouvernement à des réformes législatives et structurelles définitives, de nombreux acteurs auraient privilégié leurs intérêts personnels.
‘’Les gens sont plutôt portés sur l’argent, sur la quête permanente de l’argent’’, a-t-il dénoncé, ajoutant que cette attitude a laissé le champ libre à l’État pour maintenir le statu quo.
Quel avenir pour la presse sous la nouvelle présidence ?
Alors que Mamadi Doumbouya préside désormais aux destinées du pays après la transition, le chemin reste « plein d’embûches » pour les journalistes guinéens. Pour sortir de cette impasse, le président du REMAPSEN appelle à une synergie d’action, à la mutualisation des efforts et une révision du statut.
‘’On a fait 4 ans et on n’a pas réglé nos problèmes. C’est par notre faute’’, a conclu Moussa Iboun Conté, laissant l’assistance face à un défi de taille : transformer la critique en un véritable sursaut professionnel.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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