Les opérations de déguerpissement se poursuivent dans la capitale guinéenne. Ce jeudi 22 janvier 2025, les autorités chargées de l’opération de libération des voies publiques ont procédé au dégagement des occupants installés aux abords de la route à la cité ENCO 5, dans le cadre de la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public.

Sur les lieux, plusieurs commerçants et vendeuses, majoritairement issus du secteur informel, ont vu leurs étals détruits. Ibrahima Barry, commerçant à la cité ENCO 5, reconnaît la légitimité de l’opération, tout en dénonçant l’absence d’alternatives.

‘’D’une part, ces actions de déguerpissement sont une bonne chose, parce que vendre au bord de la route n’est pas approprié. Mais si vous voyez que nous sommes ici, c’est parce que nous n’avons pas les moyens et surtout, parce que nous n’avons nulle part où aller. Nous venons ici pour nous débrouiller, gagner un peu d’argent afin de nourrir nos familles’’, explique-t-il.
Poursuivant, il appelle le gouvernement, et particulièrement le président de la République, à accompagner ces actions par des solutions concrètes.
‘’Je lance donc un message au gouvernement, et particulièrement au Président de la République, pour qu’il vienne à notre secours. Il y a ici des pères de famille, des étudiants, et il n’y a pas d’emploi. Si le gouvernement vient seulement détruire sans proposer de solution, cela devient très difficile pour nous.
Avant de déguerpir, il faudrait d’abord nous montrer où aller. On ne peut pas simplement venir casser ici et dire ensuite d’aller ailleurs. Il faut d’abord nous orienter vers un endroit approprié’’, a-t-il ajouté.

Siaka Condé, coordinateur de l’Association des femmes du marché ENCO 5, déplore cette situation. ‘’Vouloir déguerpir, c’est important. Mais lorsqu’on parle d’encombrants, il faut préciser qu’il s’agit de ceux qui occupent les ruelles. J’espère que ceux qui sont derrière les murs pourront au moins être épargnés, dans un souci de bien-être pour les femmes qui sortent à l’aube, à 4 h ou 5 h du matin, afin de subvenir aux besoins de leurs familles, ainsi que pour les pères de famille qui font de même’’, espère-t-il.

Selon lui, les déguerpissements répétés sans relogement contribuent à accentuer la précarité des jeunes et des femmes.
‘’La solution que j’aimerais proposer au gouvernement est simple : on ne peut pas faire une omelette sans casser les œufs, certes, mais on ne peut pas non plus casser les œufs sans prévoir un récipient pour les mettre. Vouloir déguerpir est important, mais il faut aussi penser au bien-être des jeunes qui se battent ici et de ces braves femmes qui sortent chaque matin pour assurer la survie de leurs familles. Il faut donc y réfléchir et trouver au moins un endroit où les reloger. On ne peut pas déguerpir des personnes sans qu’elles sachent où aller. Sinon, cela conduit à la dépendance et à une situation vraiment déplorable’’, a-t-il interpellé.
Kadé Diallo, vendeuse et victime du déguerpissement, affirme que le site libéré constituait son unique source de revenus.

‘’Ce n’est pas de la mauvaise parole, c’est ce que Dieu a voulu, nous portons notre espoir au président de la République qu’il nous vienne en aide. L’endroit déguerpis est le seul lieu où nous trouvons notre gagne-pain, nos maris sont décédé et nous avons des enfants à nourrir, c’est ici que nous cherchons nos dépenses, le déguerpissement est un bon acte mais nous demandons au chef de l’État qu’il ait pitié des femmes et trouver de la place pour nous’’, confie-t-elle.

C’est le même son de cloche chez M’mahawa Camara, veuve et commerçante. ‘’Nous avons dit oui au président de la République et nous derrière notre engagement, je suis une veuve, je fais mon petit commerce au marché pour subvenir aux besoins de mes enfants, pour ne pas qu’ils deviennent des délinquants dans l’avenir.
Nous nous réjouissons et nous sommes derrière le président de la République, dans le marché tout le monde n’a pas de place, nous restons derrière le murs sous le soleil pour au moins gagné le minimum et ce déguerpissement nous ne sommes pas contre c’est pour rendre la capitale propre et claire. Tout ce que je demande au gouvernement surtout le président Mamadi Doumbouya est de nous trouver une place un environnement propre’’, a-t-elle affirmé.

Fatoumata Keïta, vendeuse de poissons, invite à la retenue et au dialogue. ‘’Ce que je peux dire, c’est de demander à tout le monde de rester calme et la retenue, nous restons derrière la décision des autorités et nous leurs demandons de l’aide, ce n’est pas notre volonté de rester et vendre aux abords de la route et notre marché Enco5 est petit et sa ne peut pas supporter toutes ces femmes ils nous aider à avoir un grand marché honnêtement on n’a pas de marché sinon ces travaux de déguerpissement sont une bonne chose sa embellie l’image du pays’’, a-t-elle lancé.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.

