Les opérations de déguerpissement se poursuivent à Conakry, depuis plusieurs jours, à l’approche de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, prévue au 17 janvier prochain.

Après les alentours du stade général Lansana Conté de Nongo, ce mercredi 13 janvier 2026, les équipes chargées de l’opération de libération et d’assainissement des voies publiques, sont intervenues sur l’axe Cosa–Bambeto. Sur ce tronçon très fréquenté de la capitale, des artères de commerce et de travail, occupés en grande majorité par des femmes, ont été détruites.

Rencontrée au grand rond-point de Bambeto, Aïssatou Diallo exprime sa colère et sa déception face à cette situation.

‘’Nous sommes vraiment déçues. C’est nous qui avons chanté et dansé pour Mamadi Doumbouya. Mais aujourd’hui, nos places et nos espaces ont été déguerpis, sans même nous prévenir’’, déplore-t-elle.

Selon elle, les forces de l’ordre sont intervenues avec des machines lourdes, sans laisser aucune chance aux occupants de récupérer leurs biens.
‘’Les policiers sont venus avec des machines pour tout ravager. Ils n’ont rien laissé’’, affirme-t-elle.

Profondément bouleversée, elle affirme que, ces déguerpissements auront un impact direct sur la vie sociale et économique des familles concernées.
‘’Pourtant, c’est nous, les femmes, qui travaillons. Nos maris ne travaillent pas, nos enfants sont dans des écoles privées et nous devons payer les frais de scolarité. Certains sont même de jeunes conducteurs de taxi-moto. Franchement, cela nous a profondément touchées’’, regrette-t-elle.

Pour finir, elle dénoncent la méthode employée. ‘’Il fallait au moins avertir les gens afin qu’ils puissent se préparer et enlever leurs biens. Mais rien de tout cela n’a été fait. Nous reconnaissons qu’ils ont le droit de dégager les encombrants, mais pas de cette manière’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
