Devant le tribunal, le colonel Bienvenu Lama, détenu et poursuivi dans le cadre du dossier relatif aux événements du 28 septembre 2009, est longuement revenu sur ce qu’il qualifie de manquements graves dans la procédure d’instruction, notamment le refus de confrontations qu’il avait formellement sollicitées.
À la barre, l’ancien officier a rappelé que lors de son audition de fond, tenue le 16 mai 2024, il avait été convenu avec le juge d’instruction qu’il serait confronté à certains témoins clés du dossier, en particulier Mamadi Soumaoro et Toumba Diakité. Selon lui, ces confrontations devaient se tenir le 24 octobre 2024, dès 9 heures pour Mamadi Soumaoro, puis vers 12h30 pour Toumba Diakité.
Mais à son arrivée dans la salle d’audience ce jour-là, le colonel Lama affirme avoir été informé de l’absence de Mamadi Soumaoro, déclaré malade et hors de la ville. « On m’a dit que Mamadi n’était pas là, et qu’on allait appeler Toumba », a-t-il expliqué.
Toujours selon sa déclaration, Toumba Diakité aurait à son tour refusé de se présenter. Le doyen des juges d’instruction se serait alors personnellement déplacé pour tenter de le convaincre. Une démarche restée vaine.
« Toumba a crié sur le doyen des juges », a soutenu le prévenu, avant d’ajouter que le magistrat lui aurait ensuite rapporté que Toumba se disait malade et dans l’incapacité de participer à la confrontation.
Face à cette situation, Bienvenu Lama affirme avoir demandé au juge de tirer « les conséquences de droit ». « C’est lui qui m’a cité. S’il refuse la confrontation, j’ai fait ma déposition. Il faut en tirer les conséquences », a-t-il martelé.
Quatre jours plus tard, le 28 octobre 2024, le colonel dit avoir appris avec étonnement qu’un des avocats de Toumba Diakité, Me Paul Yomba Korouma, avait publiquement déclaré à la radio que son client ne serait jamais confronté avec lui. Une déclaration qu’il considère comme ayant été suivie d’effet, puisqu’il affirme avoir été renvoyé dans la procédure peu après.
Revenant sur l’audience actuelle, Bienvenu Lama estime que la même logique se répète. « Quand il a dit qu’il faut que je vienne, me voilà ici », a-t-il lancé, tout en dénonçant l’absence d’autres personnalités qu’il juge essentielles à la manifestation de la vérité.
Le détenu a notamment cité le général Sékouba Konaté, ancien ministre de la Défense nationale à l’époque des faits. « On a cité des noms ici, mais on ne les fait pas venir. Le président ne peut pas venir parler de l’armée. Le général Sékouba Konaté était ministre de la Défense. Pourquoi il ne vient pas ? Il n’a qu’à venir », a-t-il insisté.
Par cette intervention, le colonel Bienvenu Lama met une nouvelle fois en cause la régularité de la procédure, estimant que le refus de confrontations avec des témoins clés porte atteinte à ses droits à une défense équitable. Les débats se poursuivent encore devant le tribunal.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
