Courant l’exercice 2025, la commune urbaine de Kissidougou n’avait pu tenir qu’une seule session ordinaire au lieu de quatre. Certainement, cet état de fait est révélateur d’une profonde crise qui a hanté cette collectivité tout au long de l’année écoulée.

Dans le cadre de la relance des activités au sein de ladite collectivité, l’exécutif communal a décidé de convoquer ce jeudi 8 janvier 2026, la première session ordinaire au compte du premier trimestre de cette nouvelle année. Cependant, aussitôt commencée, cette session ordinaire a été reportée à une nouvelle date. Sekou Goyah Mara, directeur préfectoral de l’administration du territoire et de la décentralisation, est à la base de cette proposition de report qui a été unanimement approuvée par l’ensemble des conseillers présents dans la salle. Il décline les raisons de cet énième report.

‘’Effectivement, c’est moi-même qui avais pris l’initiative de solliciter un report au nom de la quiétude sociale et de la paix. Heureusement, cette demande a été validée par l’assistance. Les raisons sont très simples. Vous savez, il y a une certaine déontologie et une méthode de travail qu’on doit respecter. Quand je suis rentré dans la salle, j’ai vu les points à l’ordre du jour notamment présentation du compte, prévision et adoption de l’exercice 2026. Alors, j’ai dit qu’on ne peut pas adopter ou préparer quelque chose à l’absence des contribuables ou bien les services techniques, alors que ce sont eux qui boostent les chiffres au niveau d’une commune. Donc, j’ai jugé qu’on ne devrait pas s’entretenir sans eux. Bien sûr nous avons le pouvoir de faire des prévisions, mais on doit discuter tout ça avec les contribuables et l’ensemble des partenaires. Par exemple, si on doit prévoir 100 millions au niveau du syndicat des transports, ça ne doit pas se faire sans eux car ils doivent se défendre. En terme financier, on ne doit pas monter des budgets à l’insu des responsables des services qui doivent payer. Donc, d’ici la prochaine session, la commune doit écrire aux services techniques et aux différents partenaires au moins 72 heures à l’avance’’, s’est-il défendu.
Plus loin, le représentant du MATD a promis de tout mettre en œuvre pour que cette nouvelle année soit caractérisée par le changement positif dans la gestion de la commune urbaine.
‘’Vous savez que la commune de Kissidougou n’est pas à l’égard des autres communes à travers le pays. C’est pourquoi, j’invite les uns et les autres à la promotion de la cohésion sociale et la culture de la paix. Mais on ne peut pas parler de paix s’il n’y a pas de redevabilité. La commune doit accepter de communiquer sur le respect de la déontologie, et sur le respect des codes des collectivités et la lettre de mission que le ministère a envoyée pour le bon fonctionnement des communes. Je ne veux pas qu’on revienne sur tout ce qui s’est passé en 2025.
Cette fois-ci, il n’y aura pas de tolérance. En 2026, je veux la paix au sein de cette commune, je veux l’équilibre budgétaire et surtout, je veux le bon fonctionnement parce que n’oubliez pas que je suis en compétition avec les autres communes.
Sur le plan national, Expertise France a choisi deux communes à savoir Kissidougou et Boké ; donc, ma vision c’est comment dépasser Boké. Pour réussir ce pari, je dois instaurer la paix à la base, instaurer la redevabilité, la communication et l’information’’, a-t-il insisté.
Aux dernières nouvelles, la date du lundi 12 janvier 2026 a été retenue pour la tenue de la première session de l’année, à la commune urbaine de Kissidougou.
En tout cas, au regard de la crise de confiance qui s’est installée entre l’exécutif communal et les conseillers de cette collectivité, beaucoup d’observateurs doutent de la tenue d’une session dans ce climat de méfiance.
Affaire à suivre !
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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