Au compte de l’année 2025, l’inspection régionale du ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables à N’Zérékoré, a mené plusieurs activités dans la région. Lutte contre les VBG, violation des droits des femmes et des enfants, et l’abandon de l’excision sont entre autres les aspects majeurs entamés par ce service.
Dans une interview accordée ce vendredi 26 décembre 2025, à notre correspondant, l’inspecteur régional du département a, en termes de bilan, déclaré, au niveau de la région, avoir géré 45 cas de violations des droits des femmes, dont 5 cas de viols, 30 cas de violences conjugales et 9 cas d’abandonnements.
‘’Pour ces femmes, nous leur avons offert ce qu’on appelle le soutien psychosocial, un accompagnement juridique. Dans le volet autonomisation, il faut avouer que nous avons travaillé avec les femmes des communautés de Sinko et de Banié. C’est-à-dire que, ce sont les grandes mères qu’on identifie dans le village, qui s’occupent vraiment de la protection des enfants. Et l’autre aspect, dans la prévention des violences faites aux femmes, surtout dans la promotion de l’abandon de l’excision’’, a déclaré Mohamed Mariama Camara.
La pratique de l’excision, soutenue par un groupe de femmes qu’on appelle les femmes zogos, reste un défi à relever. Pour y arriver, des stratégies ont été adoptées.
‘’Ça fait trois ans que nous sommes en négociation avec ces femmes, comment vraiment avoir leur adhésion dans le processus, afin qu’elles puissent s’impliquer dans la promotion de l’abandon. Et je les remercie avec nos deux stratégies : la sensibilisation et la condamnation de trois cas d’excision de masse. Ces condamnations ont eu des effets vraiment positifs sur le changement du comportement de ces femmes. Donc, elles ont finalement accepté, vraiment, de se transformer en actrices du changement au sein des communautés’’, a ajouté l’inspecteur.
L’excision, ayant une conséquence immédiate sur la santé sexuelle et reproductive, dit-on, le chef régional de l’action sociale lance une invite aux communautés. Il les invite à abandonner le mariage d’enfants ou les unions libres, qui aujourd’hui, selon l’inspecteur, est un mal silencieux dans la région.
‘’Si vous effectuez une mission, une visite au sein de la maison centrale, 80% des mineurs détenus à la maison centrale sont issus des unions libres. Parce que le père génitif n’a pas pris ses responsabilités, il a abandonné l’enfant à la charge de sa maman, qui est aussi fatiguée de sa charge, l’abandonne avec la grand-mère qui est à côté. Donc, elle ne peut pas donner une bonne éducation à l’enfant. Finalement, l’enfant dévie et il prend une mauvaise compagnie. Du coup, il se voit tout le temps en conflit avec la loi.
L’autre aspect, je veux dire que l’handicap n’est pas une fatalité. Et toute personne est à risque dans sa vie, n’échappe pas à l’handicap. Donc, ceux qui sont victimes d’handicap, respectons-les. Protégeons leurs droits et aidez-leur à participer au développement de ce pays. Moi, j’ai été émerveillé avec Amédée, qui fait vraiment les vannes, qui fait beaucoup de choses. Quand on te dit que c’est lui qui fait, c’est incroyable. Il ne voit pas’’, a conclu Mohamed Mariama Camara.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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