À 115 kilomètres de la région administrative de Boké, dans la commune urbaine de Boffa, la pêche demeure l’un des piliers de l’économie locale. Pour limiter les pertes dues à la mauvaise conservation des produits halieutiques, plusieurs femmes se sont tournées vers le fumage du poisson. Elles sont aujourd’hui réunies au sein d’un centre installé au bord du débarcadère, rapporte ce samedi 28 novembre 2025, notre correspondant régional.

Lors de notre visite, le constat s’impose : malgré leur savoir-faire et leur détermination, ces transformatrices travaillent avec des moyens dérisoires, bien loin de ce qu’exigerait leur métier.

Le centre de fumage de Boffa est un univers où la chaleur suffocante, les volutes de fumée et l’odeur persistante du poisson forment un décor éprouvant. Là, des femmes — souvent des mères de famille — s’affairent des heures durant à fumer et sécher les prises du jour. Entre deux brassées de fumée, M’Mahawa raconte leur quotidien difficile.

‘’La fumée nous épuise énormément. Il n’y a aucune aération. Nous n’avons même pas de table de travail, pas assez de couteaux, pas de seaux… En réalité, il nous manque presque tout’’, confie-t-elle.

Djenabou Bangoura, forte de plusieurs années de métier, parvient malgré tout à faire vivre sa famille grâce à cette activité. Elle rappelle que le prix du poisson dépend largement de la qualité.
‘’C’est grâce à ce travail que je prends en charge ma famille. Comme vous le voyez, certains poissons coûtent 100 000 ou 200 000 francs, d’autres 50 000, 20 000 ou 25 000 francs’’, explique-t-elle.
Le four traditionnel, construit il y a six ans, reste l’outil central de leur production. Il confère au poisson un goût unique, obtenu grâce à une chaleur maîtrisée et un bois soigneusement choisi. Mais cet équipement reste rudimentaire, et les conditions de travail, précaires. Adama Soumah, l’une des fumeuses, lance un appel.
‘’C’est ici que nous gagnons notre pain. Beaucoup de gens viennent nous voir, mais après, aucune aide. Nous n’avons jamais reçu le moindre appui’’, a t-elle fait savoir.
Malgré tout, ces femmes du débarcadère de Boffa refusent de baisser les bras. Elles espèrent la modernisation de leur centre : une amélioration qui leur permettrait d’augmenter leur production, de réduire les risques sanitaires et surtout, d’améliorer leurs revenus.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224com.
