En Guinée, plus de 6,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes le 28 décembre prochain, pour élire leur prochain président pour un mandat de 7 ans, conformément à la nouvelle constitution, adoptée par référendum le 28 septembre dernier. Mais avant, le pays s’apprête à vibrer au rythme d’une campagne électorale, marquée par l’absence des grandes formations politiques du pays, et la candidature du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya.
Quatre ans après la prise du pouvoir par les militaires du CNRD, les Guinéens doivent voter le 28 décembre, pour élire un nouveau président. Le scrutin présidentiel, espéré depuis des années par la population et la communauté internationale, doit acter la fin de la transition depuis la prise du pouvoir, en septembre 2021, par Mamadou Doumbouya, qui a renversé le président civil Alpha Condé, lequel, était en fonction depuis plus de dix ans.
Début de la campagne, dispositions prises
Selon un décret rendu public ce jeudi, à la télévision nationale, la campagne pour l’élection présidentielle du 28 décembre, est ouverte le vendredi 28 novembre, à 00h 00 et close le jeudi 25 décembre, à 23h 59.
Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, les manifestations, réunions et rassemblements électoraux se déroulent conformément aux lois et règlements relatifs aux réunions et manifestations politiques.
Le décret précise que la haute autorité de la communication (HAC), est chargée entre autres :
– de veiller à la régulation des médias en période de campagne électorale;
– Au respect par l’ensemble des médias de service public et privé, du principe d’égalité du traitement des candidats, en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations, écrits et des activités des candidats, listes de candidats, partis politiques ou mouvements.
L’article 4 du même décret stipule que le Ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, le garde des sceaux, ministre de la justice et des droits de l’homme, le ministre de la sécurité et de la protection civile, le ministre de la défense nationale, le ministre de l’économie et des finances, le ministre du Budget, la direction générale des élections (DGE), et l’Observatoire National Autonome de supervision du référendum constitutionnel (ONASUR) sont chargés chacun en ce qui le concerne, de l’application du présent décret.
Un scrutin verrouillé, deux candidats indépendants en lice
En tout, ils sont 9 candidats dont le chef de la transition, à postuler pour le poste de Président de la République, pour un mandat de 7 ans. Au-delà du candidat Mamadi Doumbouya, un autre candidat indépendant, Mohamed Chérif Tounkara rêve de diriger la Guinée.
Les 7 autres candidats sont respectivement les vétérans Faya Millimouno du BL, Ibrahima Abé Sylla et l’ancienne ministre Makalé Camara du FAN, Abdoulaye Kourouma du RRD, Mohamed Nabé et Bouna Keïta, ainsi que Abdoulaye Yéro Baldé, ancien ministre d’Alpha Condé, qui avait démissionné du Gouvernement, pour son opposition au troisième mandat de ce dernier.
Même si le suspense n’est pas au rendez-vous, puisque le candidat du pouvoir Mamadi Doumbouya est pronostiqué potentiel vainqueur, ce scrutin fermé pourrait créer la surprise avec notamment des coalitions qui se forment derrière le candidat du FRONDEC Abdoulaye Yéro Baldé.
Absence des principales figures historiques de la classe politique
Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Lansana Kouyaté, ou encore Dr. Ousmane Kaba, sont les principaux absents de cette joute électorale. Les trois premiers sont absents du processus en raison de leur absence au pays, contraints à l’exil, alors que les deux autres, eux, ont vu leurs candidatures rejetées par la Cour suprême, plus haute juridiction de la Guinée.
L’absence de ces figures de la classe politique guinéenne redessine les cartes, mais aussi, relance le débat sur la question de la légitimité du scrutin. A date, ils n’ont donné aucune consigne de vote.
Une frange importante de la classe politique se range derrière le candidat Mamadi Doumbouya
Le principal enjeu de cette élection reposera forcément sur le taux de participation des électeurs. Pour y arriver, le pouvoir militaire a réussi à débaucher la quasi-totalité des partis politiques opérants sur le terrain, et aussi, certains lieutenants d’Alpha Condé et de Cellou Dalein Diallo. Des mouvements de soutien et coalitions se créent également autour du candidat Mamadi Doumbouya. Objectif recherché : conférer à ce scrutin une participation massive, en passant par une campagne électorale quasiment animée par les soutiens du régime.
Alpha Madiou BAH
(+224) 629 882 628

