Lancée en fanfare à Conakry le 12 novembre, la 7ème édition du Transform Africa Summit s’est poursuivie ce jeudi 13, avec le lancement du Youth Town Hall, à Conakry, un programme de Smart Africa, une alliance regroupant plusieurs États africains, engagés dans la transformation digitale du continent. C’est le premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah qui a présidé la cérémonie.

Cet événement piloté par Smart Africa Summit 2025, en collaboration avec l’Alliance Smart Africa, Young Connect et UNDP-Unipod, a connu la présence de personnalités de haut niveau, telles que Boukar Michel, Ministre des Communications et de la Digitalisation du Tchad ; Dr. Lacina Koné, Directeur Général de Smart Africa, Yann Gwet ; Directeur Exécutif de Youth Connect Africa ; et Frank Kié, Directeur Général dd Ciberobs Consulting.

Une nouvelle phase dans l’inclusion et le leadership digital de la jeunesse guinéenne
Pour la circonstance, le Ministère de la Jeunesse a mobilisé près de 500 jeunes à travers le Conseil National de la Jeunesse (CNJ). Pour le ministre de la jeunesse, le lancement du Smart Africa Youth Chapter – Guinée marque une nouvelle phase dans l’inclusion et le leadership digital de la jeunesse guinéenne. Mamadou Cellou Baldé a réaffirmé la vision nationale, conformément aux orientations du Général Mamadi Doumbouya, visant à placer la jeunesse au cœur de la transition numérique.

‘’Cet espace symbolise une Afrique jeune, créative et ambitieuse, une Afrique qui ne subit pas la révolution numérique, mais qui la conduit. Ici, en Guinée, nous croyons fermement que l’avenir du continent appartient à une jeunesse connectée, compétente et confiante. L’intelligence artificielle n’est pas une menace pour nos jeunes, mais une formidable opportunité pour libérer leur potentiel.
Le Smart Africa Youth Chapter incarne une vision claire, faire des jeunes Africains les architectes de la transformation digitale de notre continent. Ce lancement du Smart Africa Continental Youth Chapter (SAYC) est bien plus qu’un événement symbolique, c’est le point de départ d’un mouvement structuré pour fédérer, former et financer la jeunesse africaine innovante. Cette plateforme continentale permettra de connecter les jeunes talents de Dakar à Nairobi, de Conakry à Kigali, pour qu’ensemble, nous fassions de l’Afrique un acteur majeur de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes’’, a-t-il déclaré.
Mieux, le Ministre Cellou Baldé a réaffirmé la vision nationale qui place la jeunesse au cœur de la transition numérique. Une vision, selon lui, qui tient à cœur au président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya. Il a aussi insisté sur l’importance d’un accompagnement structuré, d’une formation adaptée et de politiques publiques ambitieuses, afin de permettre aux jeunes Guinéens de jouer pleinement leur rôle dans l’économie digitale africaine.
‘’En Guinée, notre gouvernement, sous la direction du Président de la République, Mamadi Doumbouya, a fait de la jeunesse un levier central du développement numérique. À travers le ministère de la Jeunesse, nous avons engagé plusieurs programmes structurants pour renforcer les compétences des jeunes dans le numérique et l’intelligence artificielle. Ces efforts montrent que la Guinée veut passer d’une jeunesse consommatrice de technologie à une jeunesse productrice de solutions africaines.
Notre ambition, c’est une jeunesse guinéenne et africaine qui ne se contente pas d’utiliser les applications des autres, mais qui crée, code et invente les solutions de demain. Nous croyons à une innovation inclusive, qui part des réalités locales : comment l’IA peut améliorer l’agriculture, la santé, l’éducation, ou encore la gouvernance. L’autonomisation de la jeunesse, ce n’est pas un slogan, c’est une politique publique que nous bâtissons autour de trois piliers : La formation, l’accès au financement, et l’accompagnement à l’innovation.
Nous voulons que chaque jeune Guinéen puisse se dire, mon idée peut changer quelque chose pour ma communauté et pour l’Afrique. L’intelligence artificielle et les technologies émergentes ne doivent pas creuser les inégalités, mais rapprocher les peuples africains. Cela demande de la collaboration entre gouvernements, secteur privé, société civile et surtout… les jeunes eux-mêmes.
La Guinée est prête à travailler main dans la main avec ses partenaires africains et internationaux pour bâtir une écosystème d’innovation souverain et durable. En lançant le Smart Africa Continental Youth Chapter, nous lançons aussi un message fort : l’Afrique ne sera pas spectatrice de la révolution numérique, elle en sera le moteur. Et ce moteur, c’est sa jeunesse’’, a assuré le ministre de la jeunesse.
Vers la connectivité des écoles et de l’administration publique…
Pour la ministre des Postes, télécommunications et de l’économie numérique, le lancement du Smart Africa Youth Chapter Guinée, ouvre une nouvelle étape pour l’inclusion numérique, l’innovation et le leadership de la jeunesse guinéenne au sein des réseaux continentaux. Face aux jeunes de Guinée et partenaires internationaux, elle a annoncé le projet de connectivité des écoles et universités du pays.

‘’Nous pensons que chaque Guinéen qui a un lieu de résidence peut se connecter à la fibre optique pour faciliter ses échanges et son intégration au monde. À vous jeunes, nous continuerons de le faire. Aujourd’hui, les 17 universités sont presque connectées. Nous lancerons très prochainement cette connectivité dans les universités. 17 universités sont connectées, 582 écoles primaires ont été connectées également. Et d’ici 2026, nous comptons connecter 2200 écoles primaires pour donner la chance à nos enfants, à nos frères et sœurs d’apprendre mieux et davantage et nous continuerons cette connectivité à travers les institutions d’enseignement technique’’, a annoncé Rose Pola Pricemou, qui précise par ailleurs que cette mesure s’étendra même au niveau de l’administration publique.
‘’Nous connectons notre administration publique, nous avons lancé un vaste programme de connectivité de l’administration publique pour ne serait-ce pas que se connecter pour regarder les réseaux sociaux, mais pour vous servir efficacement et convenablement. Désormais, à travers les centres d’Etat civil, nous pourrons permettre à nos concitoyens d’accéder à leur passeport, d’émettre leur certificat d’Etat civil. De permettre aussi à nos concitoyens d’obtenir leur carte d’identité. C’est déjà effectif leur passeport et leur permis. Et plus, nous continuons encore, nous nous disons qu’il faut créer un écosystème favorable, au- delà du cadre réglementaire où nous mettons la loi en plein essor pour votre épanouissement, pour l’épanouissement des services numériques. Il faut former les jeunes. C’est pourquoi, nous avons lancé l’axe 3 du Simandou 2040. Et autour de cet axe 3, on parle du transport, des infrastructures, mais surtout de la technologie. Comment la technologie va embraser tous les autres secteurs? Comment cela va accélérer, si nous devons accélérer tous les autres secteurs à la fois pour notre pays, mais aussi pour le continent. Il nous faut des éléments, il nous faut des hommes, des ressources humaines et c’est en cela que nous revoyons notre système éducatif. Nous revoyons aussi les moyens d’apprentissage à travers la connectivité d’équipement des centres d’apprentissage. Et nous nous disons qu’il faut accompagner notre jeunesse à produire. Si vous dites à une maman qui est à Yomou, qui est à Siguiri, qui est à Labé, que vous avez besoin de connectivité pour être épanoui, pour savoir à quoi cela va me servir. Il faut du contenu, il faut que vous puissiez développer une solution qui lui parle la langue et qui lui permette de répondre’’, a-t-elle ajouté.
Engagement et soutien des partenaires…
En prenant la parole, le représentant résident du PNUD en Guinée, a réitéré le soutien de son institution à la jeunesse, pour qu’elle soit formée et désormais tournée vers l’Intelligence Artificielle.

‘’Je voudrais commencer par vous dire que la jeunesse constitue la cible prioritaire des interventions du Programme des Nations sur le Développement guinéen des Jeunes et des Femmes. Nous appuyons, et je pense que les jeunes, le ministère de la Jeunesse peut en témoigner, nous sommes l’un des principaux partenaires de ce ministère et nous travaillons en étroite collaboration pour les panneaux socio-économiques de la jeunesse. La jeunesse, c’est le fer de lance du développement socio-économique en Afrique et ce que nous faisons, c’est appuyer les politiques et les stratégies nationales qui concernent la jeunesse. Avec le ministère de la Jeunesse, nous avons travaillé sur la politique nationale de la jeunesse qui a été examinée la semaine dernière avec la présence de M. le ministre à Kankan. Nous avons aussi travaillé sur la politique nationale sur l’emploi des jeunes et aussi en matière de digitalisation. Nous avons aidé le gouvernement de la République de Guinée à élaborer sa stratégie nationale de digitalisation. Actuellement, nous travaillons avec Mme la ministre sur la stratégie IA de la Guinée, M. le Premier ministre.
Cela veut dire que nous sommes un partenaire privilégié de la Guinée sur tout ce qui concerne l’innovation et la technologie. Et à ce propos, nous avons mis en place au niveau du PNUD, de façon globale, au niveau mondial, des Accelerator Labs qui sont des unités qui appuient les pays à identifier les solutions et voir comment porter ces solutions à l’échelle mondiale. En plus, dans le cadre de cette activité, nous avons mis en place au niveau de l’Institut supérieur de technologie de Mamou, une porte qui est un corps de technologie avec des imprimantes 3D. Comme l’a dit celle qui m’a précédée tout à l’heure, il y a actuellement à Conakry, avec l’appui de Mme la ministre, 35 jeunes venus de 9 pays du continent qui travaillent sur des questions liées à l’intelligence artificielle. Ils seront présents en Guinée pendant un mois. Ils se rendront en fin de semaine à Mamou, à l’Institut supérieur de technologie, pour avoir des ateliers sur l’intelligence artificielle et travailler sur les équipements qui sont là-bas, des imprimantes 3D et autres.
Au niveau global, la politique nationale d’IA, vise à ce que l’on utilise l’IA pour l’accélération des objectifs de développement durable. En veillant à ce que la technologie soit au service des populations et de la planète. Cette vision repose sur un ensemble de principes, à savoir : les principes liés à l’éthique, les principes liés à la sécurité, à l’utilisation responsable et efficace de l’IA. Mais aussi sur la durabilité avec le respect des normes environnementales, la transparence, mais aussi la régulation. Ce sont des principes sur lesquels nous devons tenir compte pour faire en sorte que l’IA soit au bénéfice des populations et soit un moteur du développement économique du continent’’, a indiqué Alhassane Bah.
Défi relevé, ambition pour l’avenir…
Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est dit fier de voir la République de Guinée accueillir cette édition du Transform Africa Summit. Pour lui, cela démontre à suffisance que son pays est capable de tenir de tels événements et les réussir.

‘’Je crois aujourd’hui qu’on est fiers et heureux de nous rendre compte que nous pouvons. C’était la première balle et le but a été marqué. Merci à ceux et celles qui ont fait le déplacement pour voir ce que la Guinée offre au monde dans ce type d’événement. Nous n’étions pas habitués à cela. Mais ce qui est formidable, c’est que cela a permis de montrer à nos compatriotes et à tous les observateurs qui nous regardent de par le monde, que Conakry, la Guinée, c’est un pays très jeune. C’est un pays avec des talents. C’est un pays qui s’ouvre. C’est un pays qui se modernise. Ce sont des jeunes pleins de talents qui sont en compétition et qui, pour l’instant, pour certains d’entre eux, sont, dans une certaine mesure, peu connus. Mais dans deux ans, ça va exploser. Le plafond de verre, nous allons le briser pour montrer un pays une jeunesse dynamique, talentueuse, intelligente, qui va partir à la conquête des nouvelles technologies dans les domaines les plus variés.
Mme. Rose Pola Pricemou, a parlé depuis tout à l’heure. Mais ce qui était formidable, ce sont des jeunes qui étaient dans des quartiers qui, pour certains d’entre eux, n’avaient pas de l’électricité, qui avaient du mal à être en connexion ou en phase avec les autres compétiteurs des autres pays du monde. Mais ils ont pu montrer qu’ils ont le talent et l’intelligence. Et ils ont été primés en se comparant à 230 000 étudiants de parlement. Continuons, le gouvernement va aller encore avec plus de détermination dans le sens de la digitalisation des administrations publiques, dans le sens de l’exploitation des nouvelles technologies, investir dans l’IA, pour nous permettre de faire en sorte que nos langues, que nos connaissances, que l’ensemble de la population puisse accéder à l’information pour qu’il y ait plus de démocratie, puisque des hommes et des femmes qui croyaient qu’ils ne peuvent pas être connectés au monde, à partir de maintenant ne le seront’’, a souligné M. Bah.
Les ambitions de la Guinée dans 5 ans…
‘’Nous avons de grandes ambitions. D’ici cinq années, connecter toutes les écoles. Ce n’est pas une connexion pour que les gens se disent : « tiens, lorsque j’ai besoin d’internet, je peux me connecter.» C’est utiliser le numérique comme instrument pédagogique. Par ce biais, nous aurons la possibilité d’élever le niveau de connaissance des enseignants, d’élever le niveau de connaissance des enfants, quel que soit l’endroit où ils se trouvent dans le pays, dans les villages, dans les grandes villes, dans les centres moyens. Ceci est un objectif atteignable, puisque d’ici la fin de l’année 2026, 2200 écoles primaires seront connectées et les enfants qui fréquenteront ces écoles seront habitués à utiliser le numérique comme instrument pour accompagner leur apprentissage’’, a promis le chef du Gouvernement guinéen.
Cette édition du Youth Town Hall a également été marquée par le lancement du Smart Africa Continental Youth Chapter (SAYC), le lancement officiel du Smart Africa Youth Chapter – Guinée, et la finale du Youth Emerge Challenge, consacrée aux meilleures innovations technologiques africaines. Les résultats des vainqueurs sont attendus ce vendredi 14 novembre 2025, lors de la clôture du Transform Africa Summit.
Alpha Madiou BAH.
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