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KISSIDOUGOU : Quand des ralentisseurs fantaisistes envahissent les routes

28 octobre 2025
Les attrayantes passerelles de l’AGEROUTE et les mesures supplémentaires pour leur meilleur rendement (Par Balla Moussa Konaté)

Depuis quelque temps, des ralentisseurs communément appelés ‘’dos-d’âne‘’, poussent comme des champignons non seulement sur la route nationale RN2 qui traverse la commune urbaine de Kissidougou, mais aussi sur les routes secondaires qui relient les différents quartiers de la ville. Ce phénomène gênant qui relève de l’anarchie, est souvent cité comme facteur de dégradation de nos routes et même source de nombreux accidents de la circulation, sans compter les multiples dégâts que cela pourrait provoquer sur les engins.

Dans la plupart des cas, ces ralentisseurs érigés par des profanes, n’obéissent à aucune norme sécuritaire en vigueur. Les citoyens qui placent ces dos d’âne ne tiennent guère compte des critères édictés par les professionnels et ne consultent jamais les autorités compétentes en la matière. D’ailleurs, ces autorités elles-mêmes affichent une indifférence totale face à cette situation.

Cette question interpelle directement le directeur préfectoral des infrastructures et des travaux publics de Kissidougou. Ibrahima Sangaré, comme c’est de lui il s’agit, dénonce à la fois ce désordre entretenu par certains citoyens et la passivité des autorités communales.

‘’Vous savez, on ne peut pas faire une route sans prendre en compte les aspects sécuritaires. C’est pourquoi, les dos d’âne sont prévus par endroits. Alors, en tant que premier responsable des TP à Kissidougou, je ne suis pas resté bras croisés face à la prolifération des ralentisseurs. Je me suis levé, j’ai fait des enquêtes et j’ai rendu compte aux autorités communales depuis le 25 mai 2025, afin qu’ils prennent des mesures qui s’imposent.

A date, j’ai pu répertorier 53 dos-d’âne à travers la ville. Ce qui est préoccupant, car nos routes et nos engins en paient les frais et pourquoi pas les accidents que cela engendre à longueur de journée. En plus, selon mes enquêtes, les citoyens disent souvent que ce sont les chefs de quartiers qui les autorisent ; et pourtant, cela ne figure pas parmi les compétences d’un chef de quartier.

Ensuite, j’ai remarqué que ce phénomène ne se limite pas seulement que dans la commune urbaine, mais ça continue jusque dans les campagnes où ça devient d’ailleurs plus dangereux, car là-bas, les gens creusent des trous pour servir de ralentisseur’’, s’est-il confié.

Continuant, le directeur préfectoral des Travaux Publics a rappelé les normes standards d’un ralentisseur. ‘’Les citoyens ne se réfèrent pas, chacun agit comme bon lui semble. Si un on sollicite l’installation d’un ralentisseur et on ne se réveille pas un beau matin pour le faire, il y a des démarches à suivre. D’abord, il faut vous adresser à la direction préfectorale des infrastructures et des travaux publics à travers la Mairie bien sûre ; en ce moment, mon service va analyser la faisabilité de votre demande, parce que ce n’est pas n’importe où qu’on peut placer un ralentisseur.

Alors, un dos-d’âne est une modification de la route en forme de bosse, conçu dans les agglomérations et des chemins forestiers et destiné à faire ralentir le conducteur pour ainsi améliorer la sécurité routière. Sa hauteur standard est d’environ 10 centimètres et sa longueur 4 mètres. Il doit être toujours indiqué par un panneau de signalisation. Mais, quand vous remarquez des ralentisseurs qui sont érigés par les citoyens, c’est purement horizontal et les véhicules viennent buter ça.

Seulement, je peux dire que le bon exemple est venu de la part des autorités de l’hôpital préfectoral et du nouveau conseil de quartier Sogbè qui m’ont adressé une demande à travers la Commune et j’ai participé à la conception des dos-d’âne devant l’hôpital préfectoral et devant l’école Centre islamique au quartier Sogbè’’, a-t-il précisé.

Autre service qui fustige cette mauvaise habitude des citoyens, c’est la police routière locale qui condamne le fait que les populations les ignorent complètement quand il s’agit de placer ces dos-d’âne. Le lieutenant-colonel Mamadi Mara, est le commissaire spécial de la sécurité routière de Kissidougou. Il propose néanmoins une alternative à ces dos-d’âne.

‘’Ce qui est regrettable chez nous, c’est que les gens ne connaissent et ils ne viennent jamais vers ceux qui connaissent. Moi, je m’inscris en faux contre l’argument brandi par ces citoyens, selon lequel, ils font ces ralentisseurs pour minimiser les risques d’accident, mais par contre, c’est source d’accident. Moi je propose aux autorités de créer des passages piétons. Les gens confondent les panneaux de signalisation et les ralentisseurs.

Vraiment, on n’a pas besoin de tous ces ralentisseurs à travers la ville qui ne servent à rien, sinon qu’aggraver la situation. Normalement, on doit nous consulter pour toute modification dans la circulation’’, a-t-il insisté.

Aujourd’hui, dans la cité de Kissi Kaba Keita, nombreux sont les usagers de la route qui se plaignent et qui déplorent cette situation, face à laquelle ils se disent impuissants. C’est le cas de Bah Hassana, président de la structure dénommée ‘’la voix des jeunes’’, qui dénonce l’inaction des autorités locales.

‘’Je dirai tout d’abord que le niveau d’organisation d’une ville se mesure par le degré d’ordre qu’on constate dans la circulation. Aujourd’hui, le constat est très amer et alarmant chez nous à Kissidougou par rapport à la gestion des ralentisseurs, qui prolifèrent anarchiquement sur nos routes et de surcroît sur la route nationale. Si nous avons la chance actuellement d’avoir quelques routes bitumées dans notre cité, nous devons protéger jalousement cet acquis. Mais si nous sommes les premiers responsables de la dégradation de ces routes, alors, c’est incompréhensible. Regardez vous-mêmes, partout où les gens ont placé ces ralentisseurs, on constate une certaine dégradation de la chaussée, comme c’est le cas au niveau de la grande mosquée communément appelée Mosquée Alpha Condé et plusieurs autres endroits.

D’ailleurs, au lieu des ralentisseurs réglementaires, ces gens construisent des petits murs au beau milieu de nos chaussées. Quand on parle de la restauration de l’autorité de l’Etat, c’est à ce niveau, c’est-â-dire, on ne doit pas laisser les citoyens créer de l’anarchie. Je me demande pourquoi nos autorités sont si silencieuses face à ce phénomène ? Je les invite à prendre leurs responsabilités pour combattre l’anarchie et sauver nos routes. Elles peuvent commencer d’abord par les campagnes de sensibilisation et si cela ne marche pas, elles peuvent passer à la répression à l’encontre de tous ceux qui détruisent notre bien commun’’, a-t-il proposé.

A part cette prolifération des dos-d’âne, les différentes routes de la commune urbaine de Kissidougou sont aussi menacées par des nombreux nids de poule, également sources d’accidents de la circulation.

 

Depuis Kissidougou, Ousmane Nino Sylla, pour Lerevelateur224.com.

(+224) 610 454 552

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