Depuis plus de 15 ans, Mamadi Diawara assure le gardiennage du grand cimetière musulman de Kissidougou, situé au quartier Sogbè 2. Son travail consiste à l’entretien des lieux, la gestion des tombes et l’accueil des familles, tout en veillant à la sécurité de tout le périmètre du cimetière.

Cependant, ce sexagénaire marié à une femme et père de 6 enfants, déplore le mépris dont il fait l’objet, malgré les risques qu’il court dans l’exercice de sa fonction. Il dénonce également le mauvais traitement salarial et les conditions de travail insoutenables qui ne cessent de s’empirer au fil des ans.
‘’Moi, je ne suis pas venu dans ce travail pour devenir riche, mais quand même, je m’attends à un minimum pour vivre et faire vivre ma famille. Actuellement, dans notre société, quand on dit à quelqu’un qu’il est gardien de cimetière, on le méprise, pourtant, c’est un travail à respecter. Moi, j’ai commencé ce travail depuis au temps du Maire Paul Keita (paix à son âme) qui me payait à l’époque à 180.000 Gnf par mois. Puis, ce fut le tour du Maire Yomba Sanoh, qui a eu la bienveillance d’augmenter mon salaire à hauteur de 500.000 Gnf et il a respecté cet engagement durant tout son mandat.
Alors, c’est quand la délégation spéciale a été installée, que les soucis ont commencé au niveau de mon salaire. Ils ont dit que désormais, au lieu de 500.000, je dois me contenter de 150.000 fg par mois. Donc, actuellement, même ça aussi, c’est difficile à gagner, car jusqu’à présent, je n’ai rien reçu d’abord pour le mois de septembre. Tous mes six enfants sont scolarisés, mais c’est un seul qui a pu reprendre les chemins de l’école pour le moment et les autres sont contraints d’attendre à la maison’’, a-t-il témoigné.
Ce traitement salarial dérisoire n’est pas le seul souci pour Mamadi Diawara. Il décrit aussi ses difficiles conditions de travail.
‘’Au niveau de mon travail, les premières difficultés à signaler, c’est un manque de matériels. On ne m’a donné aucun matériel, même la torche et les batteries, c’est moi qui achète. Pourtant, il y a beaucoup de petits serpents au niveau de ce cimetière; c’est ce qui m’a même poussé à enlever ma famille ici pour aller les loger ailleurs. Avec toutes ces grandes pluies, je n’ai même pas eu un manteau et chaque nuit, je dois veiller à la sécurité des lieux, parce qu’il y a des personnes mal intentionnées qui visent les cimetières pour exécuter leurs sales besognes. Aussi, là où je loge ici, je n’ai ni courant ni eau.
En principe, je dois être muni d’une tenue, d’une botte et même d’un casque pour ma propre sécurité. Parfois, les fidèles musulmans qui viennent pour les inhumations cotisent souvent pour me faire certaines faveurs, mais ça aussi, la ligue islamique préfectorale l’a interdit’’, a-t-il déploré.
Étant impuissant face à cette situation déplorable, notre interlocuteur dit avoir tapé à plusieurs portes, mais c’est toujours le statu quo.
‘’J’ai rencontré Bââ Kèfing, un notable de la ville, qui est très généreux et qui m’offre parfois des vivres, il m’a promis qu’il allait agir. J’ai rencontré le premier imam de la grande mosquée, le secrétaire général des affaires religieuses de Kissidougou. Ensuite, j’ai rencontré même le président de la délégation spéciale de la commune urbaine. Jusqu’à présent, il n’y a pas de solution pour mon cas. C’est pourquoi, je profite de votre site d’informations, pour demander de l’aide à l’intention des autorités administrative et religieuse, mais aussi à l’intention des personnes de bonne volonté. Pratiquement, je leur demande de revoir mon salaire et de créer les bonnes conditions de travail pour moi’’, a-t-il plaidé.
Toutefois le cas de Mamadi Diawara, lève un coin de voile sur les conditions de travail des gardiens de nos cimetières qui méritent d’être sécurisés contre des vilaines pratiques telles que la profanation des tombes.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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