Au Tribunal de Première Instance de Kissidougou, les débats se sont effectivement poursuivis ce lundi 6 novembre 2025, dans l’affaire d’un présumé détournement de plus de 310 millions à la commune urbaine. Quoique cette nouvelle journée d’audience n’a pas été si longue contrairement à celle de la précédente séance tenue le vendredi passé, elle a tout de même marqué un tournant décisif dans ce dossier brûlant qui attire particulièrement l’attention des citoyens de Kissidougou.
Tout d’abord, la première étape de cette journée d’audience a été marquée par la confrontation tendue entre le receveur Michel Kamano et Mamadi Mansaré alias »l’homme », le vice-président de la délégation spéciale, en même temps président de la commission finances.
A la barre, les deux hommes ont continué de se rejeter les responsabilités autour de l’épineuse question liée à la baisse drastique des recettes de la commune urbaine. Durant cette confrontation, le receveur n’a pas hésité de dénoncer les multiples injonctions du vice-président dans son champs d’action. Il a également accusé ce dernier de plusieurs faits graves notamment le fait de donner plus de pouvoir aux comptables auxiliaires que sont les administrateurs des différents marchés, d’avoir aussi autorisé l’existence des carnets parallèles et surtout, d’avoir changé le plan de récupération des recettes en provenance des marchés en les rendant trimestriel contrairement à l’ancien plan qui était quotidien.
Dans sa réplique, le vice-président a balayé d’un revers de la main ces accusations venant du receveur en les qualifiant de non fondées. Pour lui, la baisse des recettes de la commune urbaine serait liée à d’autres facteurs tels que le déguerpissement du marché des femmes communément appelé »Lôfèkourani » et du fait que plusieurs boutiques alignées le long de la route nationale étaient désormais tombées dans le portefeuille du patrimoine bâti. Il a en outre soutenu qu’on ne devait pas se précipiter d’évaluer un budget après seulement un trimestre dès lors que le budget d’une collectivité est annuelle.
C’est suite à ce jeu de chiffres entre les deux hommes que le Tribunal, après avoir écouté toutes les parties dans ce procès, a autorisé l’intervention d’un expert comptable pour départager dans cette affaire.
A ce titre, le choix est tombé finalement sur l’expertise d’un cadre local en la personne de Sékou Koya Mara, directeur préfectoral de l’administration du territoire qui a été proposé par le parquet.
Cependant, l’autre étape importante de cette journée, c’est l’entrée en jeu pour la première fois d’un avocat dans ce procès en l’occurrence Maître Amadou Kamano, constitué pour la défense du receveur Michel Kamano. Ce dernier n’a pas tardé de demander auprès du Tribunal la remise en liberté de son client soutenant que ce celui-ci devrait consulter ses documents pour fournir d’utiles informations au tribunal.
Cette intervention de l’avocat poussera les autres prévenus à faire la même demande de remise en liberté.
Finalement, sans plus tarder, le président du tribunal a, séance tenante, prononcé une remise en liberté en faveur des 4 prévenus qui étaient jusque-là sous mandat de dépôt, avant de renvoyer cette affaire au jeudi 6 novembre 2025 pour la suite des débats. Il dit avoir agi ainsi pour donner un temps nécessaire à l’expert comptable déjà désigné, de produire un document de l’état des lieux des recettes de la commune urbaine. Il n’a pas manqué de rappeler à tout le monde que cette affaire pourrait se transporter devant la cour des comptes, mais toujours selon lui, cela dépendra du contenu du document qui sera produit par l’expert.
Aux dernières nouvelles, le parquet du TPI de Kissidougou a interjeté appel contre cette décision du Tribunal.
Reste à savoir si cet appel du parquet aura des conséquences sur la liberté des 4 prévenus qui ont déjà regagné leurs domiciles respectifs.
Affaire à suivre !
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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