Dans la matinée du lundi 29 Septembre 2025, Adama Keita, âgé de 75 ans environ et père biologique du journaliste Mamoudou Babilla Keita, a été enlevé par des individus non identifiés pour l’emmener à une destination jusque-là méconnue par sa famille et ses proches. L’un de ses fils qui a accordé une interview à notre correspondant régional, a confirmé ce kidnapping soulignant que c’est à 5h du matin que leur papa a été enlevé par ses ravisseurs.
S’exprimant sur les circonstances de l’enlèvement de son père, le jeune a rappelé qu’une équipe d’enquêteurs s’était rendue un jour avant la survenue de l’événement, dans le quartier, pour la localisation exacte de la concession de la famille avant de passer à l’acte.
‘’Mon frère était assis Dimanche, au bord de la route. Il y a deux jeunes qui sont venus sur la moto, qui cherchaient à savoir où sont logés les parents de Babila. Donc, ils ont demandé le nom d’un certain Moussa Babila qui réside dans ce quartier sous prétexte qu’ils ont un colis à récupérer dans cette famille. Donc, ce dernier les a répondus qu’il n’y a pas un Moussa Babila logé dans ce quartier.
Mais ils ont demandé à un autre avant de partir, c’est ce dernier qui a indiqué notre maison et celle des voisins. Après, ils sont venus s’arrêter à l’entrée de la maison. Et ils ont fait quelque chose de 4 à 5 minutes comme ça, après, ils sont repartis sans revenir’’, a expliqué Ibrahima Keita.

Poursuivant, notre interlocuteur a indiqué que le septuagénaire avait donné des consignes aux membres de sa famille d’être attentifs la nuit. Ce, pour protéger les panneaux solaires sur le toit de la maison. C’est-à-dire à chaque fois qu’il y a un bruit, de sortir pour voir ce qui se passe.
‘’À 5 heures du matin, j’étais couché, j’ai entendu un cri. Directement, je me suis précipité. Je sors, je vois trois gaillards. Comme il faisait sombre, on ne pouvait pas les identifier. Il y avait quand même deux véhicules stationnés au bord de la route. Le temps pour moi de m’approcher d’eux sur la colline, ils avaient fini d’embarquer leur cible. Et à mon arrivée, maintenant, je les ai regardés partir. Mais à ce moment, je ne me suis pas rendu compte que c’était mon père qui avait été enlevé’’, a-t-il ajouté.
Dès son retour à la maison, sa mère lui a confirmé qu’il y avait deux hommes qui tenaient dans leurs bras un individu. Qu’il avait été pris au collet et violemment interpellé.
A son réveil le matin, il demanda à sa mère où était son père ? Celle-ci, par méconnaissance, affirma qu’il est parti au marché.
‘’Comme moi, j’utilise sa toilette, je suis rentré dans sa chambre pour me laver afin de lui rejoindre au marché. C’est quand je suis rentré dans sa chambre, j’ai vu ses deux téléphones déposés sur le lit. Je vois également le sac posé par terre. Et puis, j’ouvre le sac, je vois la clé du magasin dedans. C’est là que je me suis rendu compte que le papa n’est pas au marché.
Je me suis rendu au marché, j’ouvre le magasin, je m’assois. Une heure de temps après, j’appelle à la maison, on me dit qu’il n’est pas là. J’appelle ses amis avec qui il fait la prière, ils m’ont dit qu’ils ne l’ont pas vu même à la mosquée. C’est là maintenant que ma conscience m’a frappé. Je me suis dit, bon, est-ce que le gars, la personne qui a été enlevée à 5h du matin, qui a été embarquée, j’ai dit, est-ce que ce n’est pas lui ? Je me suis dit maintenant que c’était lui qui a été embarqué à 5h du matin par les gens-là. Mais ce n’était pas des pick-up, c’était les véhicules administratifs, les Prado de couleurs noire et grise. La première voiture qui était devant, c’est dans cette ça qu’il a été embarqué’’, a précisé Ibrahima Keita.
Après les recherches menées auprès de la gendarmerie et de la police, la destination d’Adama Keita, commerçant de son état, reste toujours inconnue, laissant sa famille, ses amis et proches dans l’indignation totale et la profonde inquiétude.
Ce kidnapping vient s’ajouter à la longue liste de disparitions forcées enregistrées ces derniers mois en Guinée. De Oumar Sylla alias Foniké Menguè, à Habib Marouane Camara, en passant par Billo Bah et tant d’autres, visiblement, le film est loin de connaître son épilogue.
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