Assez d’illusions, assez de compromissions, assez de mascarades institutionnelles qui ont transformé la République en une scène d’imposture et de prédation. Pendant des décennies, la Guinée a été prise en otage par l’anarchie des élites, l’incompétence flagrante, la corruption endémique et la servilité honteuse. L’État s’était réduit à une caricature, dévoré par les clans, prostitué aux influences étrangères et piétiné par ses propres dirigeants.
La Cinquième République surgit comme un coup de tonnerre dans ce ciel obscurci. Elle n’est pas une simple transition cosmétique, ni une manœuvre dilatoire destinée à maquiller les mêmes turpitudes. Elle est une rupture totale, une discontinuité radicale, une renaissance fulgurante. Elle proclame que le temps de l’imposture est révolu, que la médiocrité n’a plus droit de cité, que la trahison de l’intérêt national sera désormais vouée à l’anathème.
Le peuple guinéen a trop souffert des falsifications, des violences politiques, des élections sanguinolentes et des promesses bafouées. La Cinquième République se doit d’être intransigeante : elle doit extirper les parasites de l’État, éradiquer les clientélismes, briser les oligarchies et restaurer l’autorité républicaine dans toute sa verticalité. L’indulgence a produit la décadence ; seule la rigueur engendrera la grandeur.
Il s’agit désormais de rebâtir une République de fer et de probité, où l’intégrité sera la norme, où l’exemplarité sera la règle, où l’autorité ne sera plus confondue avec la brutalité mais avec la légitimité. Cette Cinquième République doit être un séisme éthique, une tempête purificatrice, une catharsis nationale. Sa mission n’est pas de ménager mais de régénérer ; non pas d’arranger mais de refonder.
Les fossoyeurs de l’État doivent savoir que leur ère est close. La duplicité, la servilité, l’opportunisme et l’anarchie seront balayés avec vigueur. Place à la concorde véritable, à la cohésion implacable, à la justice équitable et à la souveraineté irréfragable. Le temps de l’errance est terminé, celui de la verticalité républicaine commence.
La Cinquième République sera sévère mais salvatrice, exigeante mais libératrice, implacable mais émancipatrice. Elle n’a pas vocation à séduire, mais à édifier. Elle n’a pas vocation à plaire, mais à protéger. Elle n’a pas vocation à imiter, mais à incarner. Elle doit se dresser comme l’ultime rempart contre la décadence et le socle d’un avenir national.
Oui, la Guinée entre dans une ère de grandeur. La Cinquième République n’est pas une simple page, mais un livre entier qui s’ouvre, écrit avec le sang de l’histoire, la sueur du peuple et la volonté d’un État retrouvé.
Abdoul Mazid Bah
Analyste politique.
