Lors de sa sortie médiatique ce lundi 8 septembre 2025, le mouvement Agissons Pour la Guinée (APG) s’est prononcé sur le projet de la nouvelle Constitution dont la campagne référendaire se déroule en ce moment même dans toute la Guinée.
L’APG dirigé par Ibrahima Kalil DIALLO, reconnaît que ce projet comporte des aspects positifs. ‘’Mais sur les points essentiels – les réformes institutionnelles, les libertés, la démocratie – il ne répond pas à nos attentes. Ces manques sont plus nombreux et plus graves que ses acquis’’, assure-t-il.
En raison de son statut, le mouvement se réserve de donner des consignes à qui que ce soit et surtout à cause de ces 7 raisons que son leader évoque.
‘’Le projet de constitution ne répond pas à nos attentes en matière de réforme institutionnelle. La prolongation du mandat présidentiel de cinq (5) à sept (7) ans, par exemple, constitue un net recul. En effet, cette accumulation de pouvoir a par le passé, engendré instabilité et crises politiques. L’expérience montre que la longévité d’un président au pouvoir ne garantit pas le développement du pays. On nous propose 7 ans renouvelables une fois. Cela veut dire qu’un seul homme peut gouverner la Guinée pendant 14 ans. Allonger le mandat, c’est prolonger l’attente, c’est éloigner le peuple du pouvoir. C’est un recul historique.
La Deuxième raison tourne autour de l’immunité présidentielle ! Bien que nous saluions l’instauration d’une Haute Cour de Justice pour juger le Président, nous déplorons en parallèle l’immunité accordée à tous les anciens chefs d’État, qui va à l’encontre de la logique d’un véritable État de droit.
La Troisième raison, c’est la question de la double nationalité qui n’est pas clairement résolue. Cependant, l’idée de permettre la double nationalité pour des postes électifs, en particulier pour la magistrature suprême, constitue une atteinte au principe de souveraineté de l’État et soulève des interrogations quant à la loyauté du chef de l’État envers sa nation. Comme le veut l’adage : « On ne peut pas servir deux rois à la fois ».
La quatrième raison est axée sur la création d’une institution anti démocratique et budgétivore ! La création d’un Sénat dans un pays de moins de 15 millions d’habitants, suscite également des interrogations sur la nécessité et l’urgence de telle institution. Renforcer l’Assemblée nationale aurait été une option plus judicieuse. Tenez 30% des membres du sénat seront nommés par le président de la république, ce qui privera l’assemblée nationale de son indépendance par rapport à l’exécutif.
La cinquième raison évoque la suppression des débats télévisés. Nous devons aussi évoquer la suppression des débats télévisés entre candidats, qui est un pas en arrière pour notre démocratie.
La Sixième raison elle, relève l’exclusion de la jeunesse à la course à la présidentielle :
En outre, l’introduction d’une limite d’âge pour la candidature à la présidence, fixée à 40 ans, élimine la voix des jeunes, qui constituent plus de la moitié de notre population. Bien que les candidatures indépendantes soient autorisées, la situation actuelle laisse entendre que la jeunesse se voit toujours exclue des hautes instances politiques.
La Septième raison, c’est l’incapacité à assurer l’accès effectif aux droits fondamentaux. Si le texte actuel venait à être adopté, la future constitution prétendrait garantir aux citoyens un ensemble de droits fondamentaux. Pourtant, ces droits, bien que louables, restent souvent des objectifs ambitieux, même pour des États dotés de moyens suffisants pour les mettre en œuvre’’, a-t-il expliqué.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
