La tension est montée d’un cran à Kouroussa ce jeudi 21 août 2025. Des dizaines d’employés du cabinet CAWA, une entreprise de sous-traitance travaillant pour Kouroussa Gold Mining (KGM), sont descendus dans la rue pour dénoncer le non-respect de leurs contrats de travail et exiger de meilleures conditions de vie.
Munis de pancartes et de slogans, près d’une centaine de manifestants ont investi la devanture du siège de la société. Leur principale revendication : l’application stricte du Code du travail guinéen, notamment en ce qui concerne la contractualisation avec l’entreprise mère.

Joint au téléphone, Sidiki Bérété, l’un des manifestants, explique la raison de leur mobilisation et dénonce également l’illégalité de la sous-traitance dans certains secteurs.
‘’Nous sommes sortis ce matin pour qu’on nous rétablisse dans nos droits. Une convention est entrée en vigueur depuis le 1er août. Le Code du travail de 2014, à l’article 133, stipule que si un contractuel travaille plus de six mois avec une entreprise via un cabinet, il doit être directement lié à l’entreprise mère. Certains d’entre nous sont là depuis plus de deux ans, sans contrat. Le Code du travail et la convention collective disent clairement que la géologie ne doit pas être sous-traitée. Ce sont des travaux permanents que nous effectuons. Nous ne sommes plus dans l’exploration, mais dans l’exploitation minière’’, a-t-il déclaré.

Selon les manifestants, malgré de nombreuses démarches entreprises pour clarifier leur situation, rien n’a changé. Pire, les conditions de travail demeurent dangereuses et inhumaines, assure-t-il.
‘’Cela fait presque deux ans que certains travaillent, sans aucune prise en charge sanitaire. Dans un secteur aussi risqué, c’est inacceptable. On est obligés de se soigner nous-mêmes, de subvenir aux besoins de nos familles, avec un salaire amputé de façon inexpliquée’’, déplore Bérété.
Au-delà de leurs revendications immédiates, les manifestants veulent alerter toute la population guinéenne. ‘’Ce phénomène de sous-traitance abusive s’installe en Guinée. Si nous ne réagissons pas maintenant, dans 10 ans, ce sont nos enfants qui en paieront le prix. Le système sera tellement enraciné qu’il sera difficile à déraciner. Nous appelons tous les Guinéens à se mobiliser pour que les choses rentrent dans l’ordre, conformément au Code du travail’’, a-t-il martelé.
Au moment où nous mettons cet article en ligne, des altercations ont été signalées entre les manifestants et les forces de l’ordre dépêchées sur les lieux.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
