Comme plusieurs autres jeunes qui s’engagent dans l’immigration, Oumou Hawa Camara tentait l’expérience il y a quelques années en arrière. Mais sur le chemin, tout ne passera pas comme elle espérait.
Aidée par son amie à rejoindre l’Égypte, Oumou Hawa Camara revient sur les motivations de sa décision.
‘’Ma motivation était de sortir me chercher, d’avoir une belle vie, et de construire pour en faire bénéficier ma famille, et précisément ma maman. Parce que la souffrance que j’ai eue dans la famille, j’ai jugé nécessaire de sortir. J’ai quitté ici, je suis partie en Égypte, par le lien de mon amie. Arrivée là-bas, je suis partie comme femme de ménage. Donc, j’ai commencé à travailler, j’ai remboursé son argent, moi aussi j’ai travaillé pour moi. Quand j’ai commencé à travailler, j’en bénéficiais. Chaque mois, j’emmenais de l’argent à ma famille, pour mon enfant, pour mes petits frères. Donc, j’ai essayé, j’ai tant essayé, mais la vie est très dure. Sans le soutien, la vie quand même est dure.
Avec tout ça, j’ai jugé nécessaire d’aider mes petits frères et mes petites sœurs. Mais Dieu n’a pas ouvert cette porte, cette chance, pour aller de l’avant. Donc, je suis restée là-bas, j’ai travaillé, je me suis battue, j’étais comme secrétaire des femmes guinéennes en Égypte, au compte du CNT’’, a-t-il déclaré.
Malgré les péripéties et les pressions, Oumou Hawa s’était engagée à soutenir les Guinéens se trouvant dans la situation de détresse en Égypte. Reconnue pour sa détermination, elle est nommée pour assurer le secrétariat du bureau des femmes guinéennes en Égypte et travailler avec l’OIM.
‘’On a tant fait pour les Guinéens, j’ai beaucoup gardé les filles Guinéennes là-bas, il y avait beaucoup de cas de maladies, de dépressions mentales, d’arrestations, des maladies et tant d’autres. Après tout ça, je me suis battue encore, je suis partie à l’ambassade comme stagiaire. Pour l’OIM, c’est moi qui appelais les gens au compte de l’OIM, c’est moi qui écrivais les noms au compte de l’OIM, on appelle pour les faire entrer’’, a-t-il révélé.
Cette détermination ne lui facilitera pas la vie en Égypte vis-à-vis de ces compatriotes. Elle sera d’ailleurs l’ennemie publique numéro 1 à cause de ses messages de sensibilisation publiés sur les réseaux sociaux à l’endroit des filles Guinéennes qui s’adonnaient à des comportements peu orthodoxes.
‘’C’est en 2020, 2021, 2022, 2023 que les Guinéens sont devenus majoritairement nombreux en Égypte, que l’Égypte a commencé à chanter le nom des Guinéens. Notre passeport était dans leurs mains. Donc, tout ça est retombé sur les Guinéens. La souffrance a commencé. Les arrestations ont commencé. La violence a commencé. Donc, au compte des femmes, nous, nous partions pour travailler. Ce n’est pas tout le monde qui faisait ces bêtises (de viol, vol, de prostitution…).
Il y a d’autres, on les attrapait, ils quittaient au travail ou d’autres partaient au travail, on les attrape. Quand on parle de l’Égypte, mais nous allons parler de nous aussi. Parce que tout vient autour de quelque chose. Il n’y a pas un fait sans cause. Parce que c’est moi qui étais la première personne à faire des vidéos en Égypte, pour dire : ‘arrêtons, habillons-nous correctement. Faisons ça, ici ce n’est pas chez nous.’ ‘Nous devons nous habiller correctement. Quand tu entres dans le village où tout le monde a un seul œil, toi aussi il faut prendre ta main, tu caches ton autre œil, pour que tu puisses passer’’, a-t-elle ajouté.
Aujourd’hui, Oumou Hawa Camara est en Guinée comme tous les autres migrants retournés sans aucun soutient, malgré ses multiples aides aux autorités dans l’identification des Guinéens de l’Égypte et leur rapatriement au pays.
‘’Quand nous sommes rentrés, nous sommes partis à Jean Paul 2. Nous sommes restés là-bas. Je n’ai jamais vu aucun membre du gouvernement venir nous accueillir’’, a-t-elle relaté.
Animée par la passion d’aider les bouches muettes, Oumou Hawa Camara a décidé aujourd’hui de se former en journalisme, pour l’exercer dans les mois et années prochaines.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
