Le barrage de Souapiti, était autrefois présenté comme un projet gigantesque pour le régime d’Alpha Condé, qui a promis l’amélioration effective de la desserte en électricité à Conakry et de tout le pays.
Se trouvant sur le fleuve Konkouré, ce projet hydroélectrique a une capacité totale installée de 550 MW. Après 5 ans d’exécution, le projet Souapiti a été inauguré en décembre 2015. Mais la réalité derrière ce projet, ce sont les conditions de vie des personnes déplacées, privées de leurs terres et plongées dans une précarité ardue.
Alseny Diallo, est secrétaire administratif de l’Union des Impactés de Souapiti (UIS). Selon lui, les conséquences de ce barrage sur les populations locales sont considérables. Nombreuses préfectures, sous-préfectures et mêmes des villages ont été sérieusement affectées.
‘’Le barrage Souapiti, c’était vraiment l’espoir de tout un peuple. Mais à date, nous pouvons dire que cet espoir a été vraiment une désillusion. Ce barrage impacte quatre préfectures. Premièrement, nous avons la préfecture de Dubréka, deuxièmement, nous avons Télimélé, nous avons aussi Pita et Kindia. Et parmi ces quatre préfectures, nous avons aussi cinq sous-préfectures impactées, notamment la sous-préfecture de Tondon, la sous-préfecture de Kölet, la sous-préfecture de Senta, de Sangareya et la sous-préfecture de Bangouya, qui est la plus grande sous-préfecture impactée, mais aussi une partie de la commune urbaine de Kindia’’, a déclaré le secrétaire administratif de l’UIS.
Plus loin, Alseny Diallo déplore la gestion opaque des indemnisations avancées pour les victimes. Il a également ajouté que même les valeurs des objets valeureux, comme les maisons et les plantations, n’ont jamais été clairement communiquées aux impactés, afin d’être mieux positionnés sur l’accord.
‘’Avant l’indemnisation, il y a eu des études qui ont été faites. Quand les études ont été faites, ils ont procédé à l’indemnisation. Mais malheureusement, nous les fils du terroir, on n’a été associés à rien. Ils ont fait pêle-mêle les indemnisations. Quand ils recensent une famille, ils ne tiennent pas compte du ménage. Et dans une même famille, il peut y avoir plusieurs ménages. C’est-à-dire, quand le père a trois fils qui sont mariés, il y a aussi des enfants, ils prennent seulement le nom du père. Ce n’est pas leur problème, le reste. Le ménage ne compte pas. Ils construisent une seule maison, le père et ses enfants, ses petits-enfants, se retrouvent dans la même maison (…) Les montants ont été des montants forfaitaires. Deuxièmement, la valeur des plantes, c’est-à-dire des plantes, des arbres fruitiers et non fruitiers, on ne nous a pas dit la valeur numéraire d’un arbre (…) À date, on a aucune fiche d’indemnisation’’, a-t-il déploré.
A date, de nombreux impactés ont du mal à joindre les deux bouts, suite au non-respect des engagements pris par les autorités de l’époque.
‘’Il a été dit lors du recensement, que les terres, les bas-fonds devaient être compensés. Rien n’a été fait. Il y a 19 sites de réinstallation. Ils ont pris les gens, ils les ont mis sous le soleil. Ils les ont abandonnés. Donc, ces gens-là n’ont pas où travailler. Quelqu’un qui était habitué au champ et à l’élevage, ces deux principales activités (l’élevage et l’agriculture), vous l’envoyez, vous l’abandonnez comme ça, sur une portion de terre. Comment est-ce qu’il va vivre ?’’, s’interroge le secrétaire administratif des impactés de Souapiti.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

