Marie Bilivogui est une fille âgée d’une vingtaine d’années et originaire de la région administrative de N’Zérékoré, précisément dans préfecture de Macenta. N´ayant pas eu l’occasion de décrocher le BAC après deux tentatives, cette jeune dame s’est fixée un autre objectif : apprendre un métier.
A l’occasion de la célébration de la journée internationale des droits des femmes ce 8 mars, notre correspondant régional est allé à la rencontre de cette jeune femme. Après avoir échoué à deux reprises au Baccalauréat unique, elle a passé un concours pour intégrer le centre de formation professionnelle de Kindia.

Cette année, Marie Bilivogui fait la deuxième année maçonnerie au CFP de Kindia. Elle s’illustre dans ce métier qui est souvent pratiqué par les hommes. Cependant, la pratique de ce métier ne reste pas sans difficulté pour elle.
‘’J’ai fait le BAC deux fois, mais comme j’ai vu que ça ne marchait pas, je me suis dit de faire un autre test. Et j’ai fait le test pendant l’année scolaire 2023-2024, j’ai eu le test. L’État m’a orienté en maçonnerie, mais mes parents ne voulaient pas que je fasse la maçonnerie, eux voulaient que je fasse l’électricité. Mais dès après mon arrivée, j’ai vu que dans cette filière, il n’y a aucune fille, c’est ainsi que j’ai décidé de rester en maçonnerie.
Je suis partie rencontrer le directeur pour l’en parler, il m’a dit de ne pas m’inquiéter, de lui donner le numéro de mes parents ; et il a appelé mes parents, tout en leur rassurant que je pourrais supporter. Donc, c’est comme ça j’ai évolué. En première année, je n’ai pas eu de difficultés et je suis maintenant en deuxième année. Quand même, je remercie Dieu, tout se passe bien. Malgré les difficultés, je m’en sors pas mal’’, a confié Marie Billivogui.
En Guinée, elles sont nombreuses, ces femmes qui, avec courage, se distinguent dans des domaines spécifiques, malgré de nombreuses difficultés qu’elles rencontrent. La célébration du 8 mars est une occasion parfaite pour braquer les projecteurs sur ces femmes anonymes qui cravachent jour et nuit pour leur indépendance financière.
Comme tout métier, le début n’est jamais facile. Avec le courage, Marie Billivogui a pu surmonter des obstacles pour y arriver.
‘’Comme j’étais nouvelle à Kindia et que je ne connaissais pas les activités de Kindia, ça me faisait du tort. Au début, dans les chantiers, les travaux étaient difficiles pour moi, ce n’était pas du tout facile. Mais avec le courage, j’ai pu comprendre que le travail, tout ce que l’homme peut faire, une femme peut aussi le faire avec le courage et tu pourras aboutir à l’objectif que tu vises. Mon premier jour en pratique a été très difficile pour moi et beaucoup de fatigue aussi. Je suis rentrée à la maison ce jour là très fatiguée. Mais au fur et à mesure, je me suis habituée maintenant.
Pour le moment, tout va bien. Quand nous partons quelques part pour travailler, surtout dans le quartier, les gens ont la curiosité de me voir de quoi est-ce que je suis capable, parce qu’ils pensent que je pars seulement pour regarder les travailleurs. Tout ce que mes amis font, je le fais aussi même s’ils se moquent de moi. Même dans le quartier, mes amis filles me demandent toi tu n’as rien choisi sauf ma maçonnerie ? Tu peux supporter ? Je dis par la grâce de Dieu, je vais supporter. Et aujourd’hui, ça va’’, a-t-elle relaté.
Plus loin, elle invite ses amies à embrasser un métier, car dit-elle, le premier mari d’une femme, c’est bien son métier.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
