La recrudescence des feux de brousse est de nos jours une préoccupation majeure des agents conservateurs de la nature. Pour éradiquer ce phénomène dévastateur qui n’épargne pas dès fois la réserve de la biosphère de Ziama, plusieurs stratégies sont adoptées par la direction régionale du centre forestier de N’Zérékoré.
Dans une interview exclusive qu’il a accordée ce Jeudi 23 février 2025 à notre correspondant régional, le directeur dudit centre a souligné les moyens de lutte contre les feux de brousse.
‘’Aujourd’hui, face à la recrudescence des feux de brousse, nous avons quand même adopté des stratégies pour la gestion. La première des choses c’est quoi ? Nous, nous commençons par la sensibilisation des communautés. Parce qu’en fait, nous sommes dans un système de coup de gestion participative. Tout ce que nous décidons, tout ce que nous faisons dans le cadre de la gestion de ces êtres protégés, c’est en collaboration avec des communautés qui vivent autour des réserves. Et nous le faisons aussi ensemble avec eux. C’est ce qui fait que dans cette stratégie, il y a la lutte préventive d’abord. Il s’agit de commencer les sensibilisations à l’approche de la saison sèche, partout, dans la plupart de ces villages où nous considérons que ce sont des zones vraiment sensibles, on essaye de mettre les comités de lutte contre les feux de brousse. Ces comités qui sont là, essayent de sensibiliser les gens. Essayent souvent de donner des directives aux personnes qui sont là, afin de faire attention, parce que le moment des feux s’approche. Toute activité que vous devrez faire, il faut informer les gens, il faut aller en groupe, ainsi de suite.
Et vers les mois de Novembre, Décembre, on essaie de mettre les feux précoces et ces feux précoces d’ailleurs, ce n’est pas seulement au niveau des herbes protégées. Ça, c’est sur recommandation du ministre bien sûr chargé de l’environnement et du développement durable. On dit qu’à partir de cette période à telle période, on peut mettre des feux précoces. Ces feux précoces, il s’agit de faire passer le feu surtout dans les parties où le tapis herbacé est très-très considérable, qui constitue d’éventuels combustibles pour des feux. Donc, il suffit de les bruler. Parce que c’est une période pendant laquelle la sècheresse n’est pas encore comme ça. C’est juste un moment où l’humidité est là. Donc, ces feux vont bruler ce tapis herbacé sèche déjà. Et que d’autres herbes vont monter au fur et à mesure mais qui seront des herbes fraiches.
Quand la sècheresse apparait, ça va trouver que ce tapis qui était là, constitué de feuilles mortes, des herbacés mortes sont déjà parties. Donc, quand il y a feu quelque part, il n’y a plus de conductivité facile, parce que ce qui pouvait constituer de combustible pour faciliter le départ du feu n’est plus là. Facilement, on le peut maîtriser. Dès fois même ça ne part pas loin.
Quand il y a déclanchement de feu quelque part, on fait recours à tout le monde dans la localité. Autorités locales, les communautés, tous ceux qui sont là, on essaie de les mobiliser pour aller à l’affront du feu. Quand je prends par exemple le cas précis de ce qui s’est passé à Ziama. Quand le feu s’est déclenché, nous, nous avons été saisis par certaines personnes et directement, on a informé le chef de site qui avait mobilisé déjà les agents forestiers qui sont partis avec lui. Ils ont commencé à mettre des pares-feux. Les pares-feux, ce sont des pistes qu’on ouvre, on défriche et on balaye tout ce qui peut conduire le feu. Une fois que le feu arrive à ce niveau, il n’aura pas la possibilité de dépasser cet endroit. Parce qu’il y a déjà un vide qui est créé devant lui. D’autres étaient montés avec des pompes pour pulvériser à distance. C’est comme ça on travail’’, a fait savoir le capitaine Jacob Tanou Béavogui.
Au mois de Janvier dernier, un incendie d’origine inconnue s’était déclaré sur la montagne Sèrhè, dans la réserve de la biosphère de Ziama.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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