Une vaste opération de déguerpissement des emprises des voiries urbaines a été réalisée dans la commune urbaine de Kissidougou dans la nuit du samedi 04 au dimanche 05 janvier 2025. Cette opération nocturne conduite par les autorités préfectorale et communale, concernait la route secondaire qui quitte la place publique et mène à Dar-es-salam, en traversant les quartiers Dounikônô 1 et 2.

Pour se faire, les autorités ont loué les services des éléments de la police, de la gendarmerie et du camp d’infanterie de Kissidougou. Cependant, si cette opération a été saluée par certains citoyens, il faut signaler qu’elle a fait également des mécontents dans les rangs de certains commerçants et riverains lourdement impactés. Ainsi, dans la matinée de ce dimanche 05 janvier, la tension était montée d’un cran entre les forces de l’ordre et certains jeunes du quartier Dounikônô 1. Ces jeunes pourchassés ont répliqué par des jets de pierres. Ce qui avait abouti à l’interpellation de quelques citoyens.
Pour Mamadi Mansaré, vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kissidougou, cette opération s’est déroulée dans les règles de l’art.

‘’Ce déguerpissement intervient à la suite de plusieurs rencontres avec les occupants de ces lieux. Au bout de 3 réunions, ces gens-là avaient demandé à ce qu’on leur accorde une période moratoire jusqu’au 31 décembre 2024. Aujourd’hui, vu que ce délai est expiré et ces mêmes commerçants continuent à occuper illégalement ces emprises, alors, nous avons décidé d’agir conformément à la loi. Nous avons travaillé avec les forces de l’ordre, nous avons même associé le service de gardiennage du marché et le bureau du conseil de quartier de Dounikônô 1. D’ailleurs, les dispositifs sécuritaires ont été renforcés jusqu’à ce matin et aucune marchandise n’a été touchée’’, a-t-il mentionné.
Continuant, le numéro 2 de la commune urbaine a rappelé également que l’opération de ce dimanche n’est que le début d’un combat contre l’occupation anarchique des emprises.
‘’Je rappelle qu’avant d’agir ainsi, les autorités ont créé des marchés de proximité dans plusieurs quartiers comme à Kérédou où le marché est deux fois plus grand que le stade préfectoral. On peut citer aussi les marchés de Kôrôdou, de Limania ou de Sogbè. Donc, ce n’est pas un problème d’espace qui se pose, mais c’est que ces commerçants refusent de rejoindre ces marchés. Ca ne fait que commencer, car nous allons poursuivre cette opération dans d’autres endroits très prochainement, pour que nos routes soient libres et fluides. D’ailleurs, ça donne une bonne image à la ville, ça facilite la libre circulation des engins et ça permet de minimiser les risques d’accidents’’, a-t-il insisté.
Cependant, certains riverains accusent les forces de l’ordre de séquestration et surtout d’aller au-delà des limites indiquées. C’est le cas du doyen Sékou Ahmed Tidiane Diarré.

‘’Hier nuit, les militaires sont venus de façon inopinée et ils ont commencé à détruire les baraques. Quand je suis sorti, ils m’ont obligé à rester dans ma chambre. Mais comment je pouvais rester dans ma chambre tandis qu’ils sont là à tout saccager ? Je suis le chef de famille et je suis un contribuable, je paie régulièrement les taxes annuelles à hauteur de 2 millions de nos francs. Avec ça, je pensais que ma famille était sécurisée, mais telle n’est pas le cas. Ils ont détruit l’endroit de mon défunt jeune frère, la veuve ne sait pas où se débrouiller maintenant (pleurs)’’, a-t-il témoigné sous le choc de l’émotion.
Jusqu’au moment où on quittait les lieux, le bras de fer était engagé entre les jeunes du quartier et les forces de l’ordre. Les deux camps se regardaient en chiens de faïence. Quant aux commerçantes, beaucoup d’entre elles continuaient à se lamenter devant leurs lieux de commerces méconnaissables.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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