Madeleine Kamano, une couturière âgée de 22 ans, a trouvé la mort à l’hôpital préfectoral de Kissidougou, des suites d’un avortement mal effectué dans une clinique clandestine. Une clinique située au quartier Mbalia Kôrô, plus précisément au secteur 4.
Aussitôt saisi de ce dossier qui défraie la chronique dans la cité de Kissi-kaba Keita, le parquet du TPI de Kissidougou a instruit la police d’ouvrir une enquête préliminaire. Ainsi, elle a procédé à la perquisition et la fermeture de ladite clinique. Dans ce dossier, deux personnes sont poursuivies. Il s’agit de Souleymane Dioumessy, un sexagénaire présumé auteur de cet avortement et Madeleine Kamano, l’une des sœurs de la victime qui l’aurait accompagné à la clinique.
Sur la situation, le chef de parquet du TPI Kissidougou, Mohamed Bama Camara a animé un point de presse ce vendredi 13 décembre 2024, à l’intention des journalistes de la place. Tout d’abord, le procureur est revenu sur les circonstances de ce cas malheureux.

‘’Mon parquet a été saisi d’un cas d’avortement mortel commis dans le quartier Mbalia Kôrô. Le présumé auteur de cet acte criminel c’est Souleymane Dioumessy, qui se dit agent technique de la santé qui a ouvert une clinique clandestine où il reçoit des malades et leur administre des soins. Il pratique également les avortements. Alors, il y a de cela une semaine, une fille âgée de 23 ans environ s’était fait avorter dans cette clinique et elle a eu des complications après. Donc, elle a été urgemment transportée à l’hôpital préfectoral où malheureusement elle a rendu l’âme’’, a-t-il relaté.
Poursuivant sa communication, le procureur s’est montré très indigné lorsqu’il est parvenu à faire la description de ladite clinique qu’il compare même à une porcherie.
‘’Quand j’ai délivré la perquisition au commissariat central de la police de Kissidougou, je me suis rendu sur le terrain avec la police. Mais ce que nous avons trouvé sur les lieux, c’est inimaginable et indescriptible. Au lieu d’une clinique, l’endroit ressemblait à une porcherie. C’est un magasin transformé en clinique. L’endroit était très sale et dégageait une odeur nauséabonde. Egalement, sur les lieux, nous avons découvert des médicaments périmés. Mais ce qui est à regretter dans tout ça, c’est que ce monsieur est dans cette pratique à Mbalia Kôrô depuis 10 ans et il n’a jamais été l’objet d’une dénonciation sauf quand ce malheureux cas est survenu’’, a-t-il regretté.
Plus loin, Mohamed Bama Camara a édifié les hommes de médias sur la suite de cette procédure qui est déjà enclenchée. ‘’Nous avons interpellé Souleymane Dioumessy dans les règles de l’art et il séjourne actuellement à la maison d’arrêt et de correction de Kissidougou en détention provisoire. Je rappelle qu’il a été régulièrement auditionné à l’enquête préliminaire, le dossier a été transféré à mon parquet et un juge d’instruction est saisie. Je précise d’ailleurs qu’il n’est pas le seul poursuivi dans cette affaire, il y a également madame Madeleine Kamano qui est l’une des sœurs de la victime et qui aurait accompagné cette dernière à la clinique’’, a-t-il détaillé.
Cette affaire vient lever un coin de voile sur la prolifération des cliniques clandestines partout à travers le pays. Ce qui représente un véritable danger publique pour les citoyens.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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