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Le POUVOIR : Un con en état de marche

27 novembre 2024
Elhadj Macky Ly à Mamadi Doumbouya:  » il doit éviter les alliances douteuses et privilégier une équipe compétente et intègre,… »

Depuis l’aube de l’indépendance, la Guinée a vu ses présidents gravir le trône du pouvoir, souvent portés par l’espoir populaire, mais invariablement pris dans les engrenages d’une mécanique implacable. À travers les décennies, Sékou Touré, Lansana Conté, Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté, Alpha Condé et Mamadi Doumbouya ont tous, malgré leurs intentions affichées, vu leur pouvoir devenir une entité presque autonome, insaisissable, parfois incontrôlable. Peut-on mieux décrire cette entité que par les mots provocateurs de Céline ? « Un con en état de marche. »

C’est le pouvoir lui-même, et non ses détenteurs, qui se révèle comme une force brute : aveugle, mécanique, et souvent absurde. Une machine qui fonctionne, non pas en fonction de l’intérêt général, mais des forces centrifuges que sont les ambitions personnelles, les intrigues des courtisans et les rivalités internes.

Un pouvoir sans conscience : splendeur et misère des courtisans

Balzac, dans Splendeurs et misères des courtisanes, montre comment l’ambition et la quête de richesse transforment les individus en instruments d’un système plus vaste qu’eux. De la même manière, les présidents guinéens se retrouvent pris au piège d’un cercle vicieux où les courtisans, véritables architectes des coulisses du pouvoir, exercent une influence démesurée :

• Dans leur splendeur, ils promettent fidélité et compétence, mais ne visent qu’à accumuler privilèges et richesses, devenant les moteurs d’un clientélisme destructeur.
• Dans leur misère, ces mêmes courtisans, déchus ou en disgrâce, se transforment en forces d’opposition corrosives, minant la stabilité même de l’État pour préparer leur retour en grâce.

Saint-Simon, dans ses Mémoires, décrit avec une précision glaçante ce théâtre de l’intrigue, où le souverain, pourtant au sommet, devient souvent le jouet de ceux qui l’entourent. En Guinée, cette dynamique s’est répétée sous chaque régime : les présidents sont encerclés par des “factions” qui isolent le pouvoir de la réalité populaire. Comme l’écrit La Rochefoucauld : « Peu de gens savent être en pouvoir, et encore moins savent en sortir. »

Une mécanique brutale : le pouvoir dépasse ses détenteurs

Le véritable drame du pouvoir, c’est qu’il dépasse la volonté de ses détenteurs. Il devient une machine aveugle, renforcée par des institutions fragiles et des structures sociales inégalitaires. Même ceux qui s’y approchent avec des idéaux, comme Alpha Condé dans ses débuts, finissent broyés par cette mécanique. Le pouvoir, comme l’écrivait Montaigne, est un monstre : « Il n’a de lois que celles qu’il s’impose à lui-même. »

Cette “mécanique du pouvoir” explique pourquoi chaque président guinéen, malgré ses promesses, n’a pu éviter la désillusion :

• Les réformes ambitieuses sont étouffées par des luttes d’intérêts.
• Les ambitions initiales sont corrompues par des impératifs de survie politique.
• L’écoute du peuple cède à une cacophonie de courtisans.

Comment transformer le pouvoir en outil de progrès ?
Si le pouvoir est bien « un con en état de marche », il ne s’agit pas de le nier ou de le fuir, mais de l’apprivoiser, de le canaliser pour qu’il devienne un outil, et non un fardeau.
Plusieurs leçons s’imposent :

ÉCLAIRER LE POUVOIR PAR LA VÉRITÉ

Comme le disait Balzac, « Le pouvoir, sans la vérité, n’est qu’un naufrage programmé. » Le président doit s’entourer de conseillers courageux, capables de confronter ses décisions à la réalité, et non de simples flatteurs.

CRÉER DES INSTITUTIONS SOLIDES

Montesquieu rappelait : « Pour que le pouvoir ne devienne pas tyrannique, il faut qu’il soit limité. » En Guinée, il est urgent de renforcer les contre-pouvoirs : une justice indépendante, une presse libre, et des mécanismes de contrôle des décisions publiques.

ÉCOUTER DIRECTEMENT LE PEUPLE

Machiavel conseillait aux princes de s’appuyer sur le peuple, car il est moins sujet aux intrigues que les élites. Cela signifie consulter la société civile, favoriser la participation citoyenne, et redonner à l’État une légitimité populaire.

ROMPRE AVEC LES COURTISANS

Lutter contre le clientélisme, mettre fin aux privilèges des élites, et construire une gouvernance fondée sur la compétence et non l’allégeance personnelle.

Un horizon d’espoir

Si le pouvoir en Guinée a souvent été un “con en état de marche”, rien n’empêche qu’il devienne un outil éclairé, guidé par la raison et la justice. Mais pour cela, il faut le libérer des chaînes des courtisans, des illusions de la splendeur, et des pièges de la misère.

Le défi est immense, mais la Guinée a prouvé, à travers son histoire et sa résilience, qu’elle possède les ressources humaines, culturelles, et morales pour redresser la trajectoire. Loin de céder au cynisme, il s’agit d’imaginer un pouvoir réinventé, à la hauteur des promesses de l’indépendance, et fidèle à l’idéal d’un État au service de tous.

Mamadi Doumbouya, à cet égard, incarne un tournant unique : le seul président de l’histoire guinéenne qui n’a pas attendu la mort de son prédécesseur pour “aller à la mort” au nom de ses idéaux de justice et de développement dans la paix. Il porte aujourd’hui une responsabilité historique : celle de ne pas se laisser déborder par les courtisans, qui, comme toujours, agissent en fonction de leur splendeur ou de leur misère. Il doit réussir, car un nouvel échec plongerait la Guinée dans un cycle de désillusion dont elle mettrait du temps à se relever.

 

Elhadj Macky LY

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