A Siragba, district relevant de la commune de Gbèssoba dans la préfecture de Beyla, la population est en manque de presque de tout. Le manque d’infrastructures sanitaire, éducative et routière etc…, sont entre autres le calvaire que vivent les habitants de ce district situé à la frontière guinéo-ivoirienne, à plus de 100km de la commune urbaine.
A cela, s’ajoute un manque criard d’eau potable comme témoignent les citoyens de cette localité, interrogés par notre correspondant régional. M. Doré, président dudit district, souligne certains problèmes majeurs auxquels font face les populations.

‘’On a un problème de forage. Parce qu’il n’y a pas d’eau potable chez nous. Il y a aussi un manque de centre de santé encore et surtout un manque de médecin. Si quelqu’un tombe malade, ça devient un sérieux problème. Parce qu’il n’y a pas de poste de santé ni un centre de santé ni un personnel soignant. Et pire, on est encore très loin de la commune rurale de Sinko qui est à 75km. Et la commune urbaine de Beyla qui est à plus de 100km, on n’en parle pas. On ne peut pas évacuer un cas d’urgence vers Sinko ou à Beyla à cause du mauvais état de la route. Il n’y a qu’un seul agent de santé ici et c’est un stagiaire. Donc, il ne peut pas s’occuper de tous les problèmes sanitaires. Ses compétences se limitent le plus souvent. Et on est toujours perdant.
Il est important aussi de bien notifier qu’on n’a pas d’école ici à Siragba. On a que deux salles de classes : la première et la deuxième années en enseignement Franco-arabe. Enseignement général, il n’y en n’a pas. Donc, vraiment, c’est un cri de cœur que nous lançons au gouvernement afin de nous aider à réaliser des forages, au moins un poste de santé et son personnel soignant, mais aussi de nous construire une école digne de nom sans oublier le reprofilage de nos routes.
On n’a pas de route et ça paralyse nos activités. Même l’écoulement de nos produits sur les marchés des communes rurales et urbaine, est tout à fait difficile’’, s’est lamenté le président du district de Siragba.
Cette citoyenne a quant à elle, déploré les perte en vies humaines enregistrées en raison du manque de centre de santé dans leur district.

‘’Quand les femmes sont au travail, on est obligé de les amener jusqu’à Sinko. Parfois, avant qu’on arrive, les bébés ne vivent plus. Si certains enfants souffrent du palu ou manque de sang, d’ici qu’on arrive à Sinko, ils sont morts en cours de route à cause de l’état de dégradation de la route. Avant de pouvoir sauvegarder la santé de certains, ça trouve qu’on a déjà beaucoup dépensé.
Nous les femmes, vraiment, nous souffrons énormément ici. Si vraiment les autorités parviennent à nous aider dans ce sens, ça va nous rendre heureuse. Nous avons aussi des terres fertiles, si l’Etat nous aide à avoir des intrant-agricoles, ça serait mieux pour nous. Pendant la saison sèche, les animaux sont en divagation et le plus souvent, il y a manque de nourriture pour eux, donc, si on ne clôture pas nos jardins, ces animaux peuvent dévaster. On a souvent des graines mais pas de légumes. Et ce n’est pas parce qu’on n’a pas où cultiver nos agrumes, seulement que si nos jardins ne sont pas dans les enclos, les animaux dévastent tout. C’est ce qui fait que ces légumes nous manquent. C’est pourquoi, nous demandons au gouvernement de nous venir en aide. Sinon, on a la volonté de travailler mais par manque d’intrant-agricoles, on est des fois bloqué.
L’autre chose qui nous fatigue encore ici, c’est la scolarisation de nos enfants. On n’a pas de bons enseignants et même pour avoir des ténues, c’est compliqué pour nous. Si le gouvernement ou les personnes de bonne volonté pouvaient jeter coup d’œil, ça pouvait nous faire plaisir’’, a laissé entendre Aminata Keita.
JOB BEAVOGUI, de retour de Beyla, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 620 980
