Le forum de la jeune fille guinéenne se poursuit à Conakry ce samedi 26 octobre, avec le club des jeunes filles leaders de Guinée. Le tout premier panel du jour s’est déroulé autour des réalités de l’intérieur du pays, en ce qui concerne les violences basées sur le genre dans les régions.
Ce panel a été animé par les représentantes des antennes du club dans régions de N’Zérékoré, Faranah et Kankan. Finda kamano représentante de l’antenne du club en région forestière, a exposé les cas de violences les plus fréquents dans sa région.

‘’Souvent, ce ne sont pas seulement les petites filles qui sont excisées, il y a même des femmes qui ont déjà fait des enfants qui sont excisées. Un autre cas, c’est qu’à N’Zerekoré, on peut prendre les petites filles, les amener chez un garçon sans le mariage’’, révèle-t-elle.
Cependant, selon elle, les cas les plus fréquents dans la zone de N’Zérékoré, ce sont les viols.
‘’C’est le viol que nous avons beaucoup plus traité à N’Zérékoré. En fait, N’Zérékoré c’est comme une localité où sont réunis les pédophilies. Parce que c’est souvent les filles de 2 à 3 ans qui sont victimes de viols’’, a-t-elle témoigné.
Du côté de Faranah, les réalités sont les mêmes, a aussi témoigné Fatoumata Diaby, représentante de l’antenne du club dans cette préfecture.

‘’Les VBG sont très récurrents dans la zone de Faranah. Les victimes sont souvent réticentes par peur d’être stigmatisées. Il y a aussi la communauté qui nous menace. Même dernièrement, un vieux fétichistes nous a menacé de laisser une affaire qu’on gérait. Sinon, qu’il va nous faire mal’’, a-t-elle déploré.
Quand à Kankan, cette région est connue pour sa popularité, en raison notamment de l’exode rural dans les zones aurifères.

‘’Kankan est une région qui regroupe des personnes de tous genres. Mais le viol est le cas le plus souvent qui arrive’’, a insisté Kadé Nabé, représentante du club dans la région.
Elle a aussi donné les statistiques des cas gérés dans sa localité. ‘’Dans ma zone à Kankan, cette année, nous avons géré 18 cas de mariages d’enfants et 15 cas de viols’’.
Au cours du panel, ces jeunes filles ont énuméré quelques difficultés qu’elles rencontrent sur le terrain dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Il faut dire qu’à ce niveau, les réalités sont identiques à toutes les régions.
‘’Au niveau de la justice, on peut commencer à poursuivre une affaire, mais à un moment donné, on ne sait plus où en est la justice. Arrivés à la justice, c’est compliqué, les dossiers prennent beaucoup de temps. Dès fois, la lenteur fait que certaines victimes désistent. Et dans ces cas, je pense que la justice fait exprès de faire tarder le dossier. Après elle nous demande d’abandonner le dossier vu que la victime elle a désisté, oubliant que ces bourreaux ne doivent pas rester sans être punis pour ne plus reprendre la même chose’’, a-t-elle fulminé.
Le forum se poursuit encore avec des échanges enrichissants entre jeunes filles et acteurs de la justice, de la médecine, sur les VBG en Guinée. Il sera clôturé ce samedi 26 octobre.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
