La lutte contre les violences basées sur le genre était au cœur d’un entretien qu’a accordé le gouverneur de la région de N’Zérékoré, à notre correspondant basé dans la localité ce mardi 30 juillet 2024.
Au cours de cet entretien, Lamine Kéita a situé les responsabilités des VBG, mais également l’immigration clandestine de la couche juvénile dans le but de trouver du confort en occident. Selon lui, ce sont les parents qui encouragent toutes ces pratiques qui inquiètent les autorités guinéennes.
‘’Souvent, nous faisons des gros discours que les populations ne comprennent pas. Pour que les gens soient sensibilisés, il faudrait qu’on s’explique dans ce qu’on appelle un français très facile. C’est pourquoi, je ne ferai pas de discours académique ici ce matin, pour qu’on sache ce ça veut dire les Violences Basées sur le Genre(VBG). On est victimes nous, et on est responsables et coupables en même temps. On parle également de la traite des êtres humains, c’est l’exploitation des personnes, et on parle également de l’immigration clandestine.
Aujourd’hui, chacun de nous veut traverser les frontières pour aller de l’autre côté. Mais chacun de nous sait souvent quand on est assis à la maison, c’est un coup de téléphone qui dit papa, Maman si vous ne donnez de l’argent, ils vont nous tuer. C’est nous qui donnons de l’argent pour encourager nos enfants à traverser la méditerranée pensant que c’est un Eldorado qui est là-bas. Non!
L’immigration clandestine n’a plus sa place dans nos sociétés. Si nous devons faire partir nos enfants à l’extérieur, il faut qu’ils y aient les objectifs clairs et précis. C’est pour aller étudier, ce qui était valable hier ne l’est plus aujourd’hui’’, a asséné le contrôleur général de police Lamine Keita.
Pour le gouverneur, l’homme n’éduque pas. Au contraire, ce sont bien les femmes qui peuvent s’occuper de l’éducation des enfants. ‘’Les femmes, nos épouses que vous êtes, vous devez bénéficier de tous les regards de la société. Etre bien traitées, être bien soignées. Lorsque la femme est dans les conditions requises, elle va s’occuper de l’éducation des enfants à la maison. L’homme n’éduque pas, c’est la femme qui éduque. Et c’est ce qui nous manque. C’est pourquoi, la langue que les enfants parlent, on parle de la langue maternelle, parce que la femme passe les 99% de son temps à la maison par rapport à nous les hommes. Donc, vous qui êtes là aujourd’hui, je vous demande d’écouter et de transmettre tout ce que vous allez apprendre comme bonne conduite, pour que vos maris, vos enfants, vos voisins comprennent ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas être fait.
Notre souhait le plus ardant, c’est la prévention. Tout ce que nous sommes en train de dérouler aujourd’hui, il y a des instruments juridiques qui sont là pour la répression de ces faits, qui sont prévus et punis dans le code pénal guinéen et nous préférons qu’il y ait la sensibilisation pour que les gens comprennent de la manière la plus douce, ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas être fait’’, a martelé le contrôleur général de police.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
