A N’Zérékoré, les sculpteurs du centre d’exposition artisanale sont de nos jours dans ce qu’ils appellent l’oubliette. Depuis belle lurette, les artisans sculpteurs de ce centre n’ont bénéficié d’aucune assistance ou d’aide de la part du gouvernement, selon les acteurs concernés.
Pour toucher du doigt les réalités, notre correspondant basé dans la région, est allé à la rencontre des sculpteurs qui exercent ce métier professionnel au centre d’exposition artisanale de la capitale de la région forestière. Interrogés, les artistes sculpteurs sollicitent de l’aide ou de l’assistance auprès des autorités.

‘’Nos difficultés, c’est un problème d’aide de financement et d’assistance. On ne peut pas avoir des financements sans l’assistance. Ça fait des années on est là avant le centre, le centre a été construit devant nous. On a encore fait dix (10) ans, on est toujours là, on se démerde. On fait tout pour que si les gens viennent, ils ne trouvent pas les maisons ou les boutiques vides. Mais tout ça, c’est grâce à notre courage, à notre effort et à notre intelligence pour le faire. Mais jamais on n’a pas eu d’aide. C’est tout récemment, qu’ils ont envoyé un directeur de l’ONPA dans le but d’être notre assistant.
J’ai payé mes propres matériels moi-même, je me suis débrouillé pour toute ma vie pour avoir mes matériels. Ce sont des rallonges, les machines, le moteur. Je fais tout moi-même, je suis mon bailleur de fonds, je suis à seul ma Banque. Je suis mon maître d’œuvre, c’est moi qui achète les bois, c’est moi qui fabrique, c’est moi qui finance. Et voilà que la clientèle n’existe même pas. Parce qu’au moins, un peu de temps passé, on pouvait dire que même si ce n’est pas convoité, mais parfois, on avait espoir à recevoir les gens même par semaine ou par mois. Mais aujourd’hui, tel n’est pas le cas. Si tu vois quelqu’un à ta porte, c’est pour toi’’, a regretté Sidiki Traoré, artiste sculpteur, avant de revenir sur sa stratégie qui l’aide à s’en sortir.
‘’Les hommes ne sont pas les mêmes. J’ai grandi dans ce métier ; donc, je connais les tic-tacs, j’ai connu ce mode de vie très tôt. Quand ça galère, avant que ça ne galère, je connais comment je dois me préparer. Donc, je me prépare au moment des petites affaires pour faire des petites économies. Parce que je sais que je suis dans un pays qui n’est adopté au tourisme. Et quand il y a crise, ce n’est pas facile que les gens soupçonnent que je vie un moment de crise et la production continue toujours. Pour d’autres, c’est diabolique ou quoi, non ! C’est ma tête qui travaille seulement. Tant que je sais que je ne suis pas financé, je n’ai pas d’aides, je me planifie selon mon moyen de gain pour affronter les moments de souffrance’’, explique-t-il
Face à cette situation, le sculpteur de longue date du centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré continue de lancer un appel aux autorités de la transition, de leur venir en aide.
‘’Depuis 2012, je suis là à parler sur ça. A travers des radios, des télévisions et les sites d’informations, je ne fais que demander de l’aide. Je ne fais que demander de l’aide, de l’assistance au niveau de l’Etat, afin qu’il nous aide à avoir des projets touristiques. Pour aider les artisans de l’art touristique à se développer.
Il faut que le ministère se mette à chercher, à se mettre en contact avec d’autres sociétés touristiques de différents pays qui reçoivent plus de touristes. Donc, le ministère n’a qu’à créer une filière qui doit être en association avec ces entreprises’’, a préconisé Sidiki Traoré.

Avec un cœur alarment, cet autre sculpteur de profession souhaite que l’Etat fasse quelque chose pour les artisans. ‘’Franchement dit, la clientèle, ce n’est pas ça. Vous-même vous avez regardez le centre. Si ce n’est pas le courage, ce n’est pas facile pour nous. Il y a plus de 5 sections qui sont au centre ici. Vous voyez la boutique qui est pleine, en tout cas, ça ne va pas. On est là parce que c’est un métier qu’on adore. On ne peut rien, sinon, actuellement, ça ne va pas avec la clientèle.
Par conséquent, ce que je peux surtout dire à notre ministère de tutelle, le ministère du tourisme et de l’artisanat, nous les artisans actuels, on tire le diable par la queue. On n’a pas perdu l’espoir certes, nous l’avons, nous avons confiance en eux. Ils doivent faire assez d’efforts pour que le tourisme se développe dans le pays.
Aujourd’hui, quand on voit les jeunes qui sortent pour aller se noyer dans la méditerranée, c’est parce que leurs frères comme nous qui exerçons les différents corps de métiers, ne trouvent rien de potable sur quoi, ils (les aventuriers) peuvent compter. Donc, quel qu’en soit le conseil que tu donneras à ton frère, il ne va écouter. Si ça trouve que le tourisme est développé et qu’ils voient que vous qui pratiquez, vous trouver des moyens pour subvenir à vos besoins, ils ne pourront plus aller se donner la mort en aventure. Nous les artisans sculpteurs, franchement dit, il faut que l’Etat fasse quelque chose pour nous’’, a plaidé pour sa part Lanciné Camara alias Farafinan, artisan sculpteur de profession au centre d’exposition artisanal de N’Zérékoré.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.

