Le communiqué du procureur général près la Cour d’appel de Conakry, en date du 17 juillet dernier, annonçant qu’aucun mandat d’amener n’a été émis par la justice guinéenne contre les leaders du Front National pour la Défense de la Constitution, provoque une vague d’indignations au sein des acteurs sociopolitiques du pays.
Dans un entretien qu’il a accordé à la presse ce samedi 20 juillet 2024, en marge de la dernière journée de l’atelier de restitution du rapport provisoire de l’évaluation des partis politiques, consacré aux organisations de la société civile et des médias, Ange Gabriel Haba, secrétaire général du CNOSCG (Conseil national des organisations de la société civile guinéenne) se dit surpris et déçu du communiqué du procureur général près la cour d’appel de Conakry.
‘’Nous ne sommes pas contents lorsque des citoyens peuvent se faire arrêter, kidnapper, enlever à tout moment. La justice qui doit garantir la sécurité nous dit qu’ils ne sont pas au courant et qu’ils ne savent qui a enlevé ces acteurs sociopolitiques, cela est inconcevable. Cela veut dire que les citoyens guinéens sont désormais dans une insécurité totale. Si on a applaudi et accueilli l’avènement du CNRD, parce qu’on était dans une situation d’insécurité et au niveau démocratique et au niveau social, donc, il faut que l’État rassure les populations qu’elles sont en sécurité.
Quand les citoyens sont enlevés, ce n’est pas cette communication qu’on devrait entendre. C’est pour dire est-ce que désormais, lorsque les citoyens sont interpellés, comment ils peuvent être rassurés que c’est l’ordre de la justice ou ce n’est pas l’ordre de la justice? Parce qu’après la justice va dire qu’on ne sait qui l’a enlevé. Donc, c’est l’inquiétude majeure qu’on se pose aujourd’hui. Est-ce qu’on doit se faire arrêter par n’importe quel agent de sécurité, pendant que tu peux être surpris d’un communiqué de la justice ou du procureur pour dire qu’il ne sait pas ? Je pense qu’il faut rassurer la population’’, a-t-il estimé.
Poursuivant, le secrétaire général du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne exige du gouvernement de dire à la population, l’endroit où Foniké Menguè et Cie sont détenus.
‘’Nous exigeons à ce que l’État nous dise où sont nos camarades de la société civile et des partis politiques qui ont été enlevés. Il faut que l’État se bouge pour qu’on sache les enlèvements à répétition actuels, quelles sont les dispositions prises pour éviter cela désormais. Sinon, je pense que ça va encourager les règlements de compte, ça va encourager ceux qui vont porter des tenues pour aller faire du mal. Parce qu’après, il n’y a pas de sanction. Nous sommes tous inquiets de la situation’’, a-t-il fait savoir.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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