Face au CNRD à la tête du pays depuis le 5 septembre 2021, les forces vives de la nation qui rassemblent des formations politiques et des organisations de la société civile, ne semblent pas du tout reculer, jusqu’à la satisfaction finale et totale de leurs exigences. D’ailleurs, elles ne demandent plus désormais à dialoguer avec le régime en place, mais plutôt, exigent le retour à l’ordre constitutionnel avant le 31 décembre 2024.
Aussi, les forces vives de Guinée ont corsé leurs revendications la semaine dernière, en réclamant la libération inconditionnelle et sans délai de Foniké Mènguè et Billo Bah, tous deux des leaders non des moindres de la société civile guinéenne, et aussi, le rétablissement des médias injustement fermés, ainsi que l’arrêt des poursuites fantaisistes contre les acteurs sociopolitiques.
C’est pourquoi, ces organisations hétéroclites ont appelé les guinéens de l’intérieur et de la diaspora à la mobilisation. En Belgique, une grande manifestation est déjà annoncée pour le 4 août prochain. Dans la ville carrefour de Mamou, cette actualité ne passe pas inaperçue chez les citoyens.
‘’Le dialogue est meilleur, parce que même s’ils font des manifestations de Conakry à Yomou, la conclusion c’est encore de se retrouver autour de la table pour discuter ensemble et essayer de trouver une sortie de crise. Pour moi, aujourd’hui, tout refus de dialoguer est une manifestation de mauvaise foi. Ceux qui sont au pouvoir ce sont des êtres humains. S’ils sont en train de faire du mal, Dieu va les récompenser, mais que personne ne refuse la main tendue du gouvernement. Les personnes kidnappées, on ne sait pour quelle raison, doivent être libérées d’où qu’elles sont. C’est d’ailleurs une occasion pour moi en tant qu’enseignante, d’interpeller les autorités à tous les niveaux de les relâcher. Moi, c’est ce que j’ai à dire’’ a interpellé cette enseignante sous couvert d’anonymat.
Pour cet autre citoyen, les forces vives doivent comprendre que l’heure n’est plus aux manifestations de rue. Ce temps est déjà révolu en Guinée, déclare-t-il avec fermeté.
‘’S’ils n’ont pas d’autres solutions sauf conduire les pauvres citoyens à l’abattoir, qu’ils se taisent et laissent la transition dérouler fraîchement son chronogramme. Au temps de l’ex-président capitaine Moussa Dadis Camara, ils ont fait que certains militaires ont massacré la population, plus de 150 morts. S’ils ont oublié ça, nous, ont vit encore cela dans la conscience’’, a déclaré Sékouba Soumah.
Souleymane Traoré, commerçant de profession, a quant à lui interpellé en ces termes : ‘’Si vous voyez que vous les journalistes vous vous déplacez pour venir jusqu’au centre-ville, c’est parce qu’il y a la paix. Rejeter le dialogue parce que son interlocuteur a dit cela, fait cela, ou je ne sais quoi, à mon avis c’est pas normal. Nous aussi, c’est pas aujourd’hui que nous sommes nés. Nous avons été plusieurs fois victimes des manifestations de rue ici en Guinée notamment à Mamou. Vraiment, j’invite tous les acteurs, le CNRD, les forces vives, à œuvrer pour la consolidation de la paix. Il ne faudrait pas que pour une question de petit temps qui va passer, qu’on brûle ce pays. Et ces acteurs doivent savoir que le monde à évoluer. Même si nous aujourd’hui on ne comprend pas ce qu’ils disent en français à Conakry et à l’extérieur, les journalistes à l’intérieur du pays nous interprètent ça dans nos langues locales. Donc, nous sommes aussi informés de ce qui se passe dans le pays’’, a-t-il invité.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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