Alors que la période des grandes pluies s’annonce, les marchés de la ville de N’Zérékoré sont envahis par des enfants avec des assiettes remplies de différents articles sur leurs têtes. Ce, malgré les gros risques liés aux accidents de la circulation et aux maladies notamment qui en découlent.

Interrogés ce vendredi 28 juin 2024, les enfants rencontrés, ont livré des raisons qui les poussent à se livrer à cette pratique. ‘’Aujourd’hui je revends bissab (jus naturel guinéen). C’est ma maman qui fabrique pour que je vienne revendre à travers la ville, afin de nous nourrir. Elle n’a pas d’autres activités à faire. C’est dans ça qu’elle arrive à avoir notre dépense chaque jour. Ma grande sœur elle s’occupe de la vente pour porter mains fortes à notre mère. Parce notre père est au Libéria depuis longtemps. Tous nos besoins sont gérés par notre maman et c’est seulement la seule activité qui l’aide même à payer les fournitures scolaires, ainsi que les frais de scolarité. Je l’aide parce que je veux étudier’’, a soutenu Abdoul Barry, élève en classe de 5ème année.
Cet autre enfant, vendeur d’arachide, explique sa motivation. ‘’Je revends l’arachide parce que ma maman ne gagne pas d’argent. Donc moi aussi, je dois l’aider à revendre l’arachide. Et le peu que je gagne, je lui donne. Même quand on quitte, elle reste à la maison pour s’occuper de ce qu’on a laissé. C’est dans ça que nous vivons. Quant à notre papa, il est toujours à Dinguiraye’’, assure-t-il.
Pour Aïcha, c’est avec fierté qu’elle aide sa mère à travers la vente, parce que la vie chère selon elle. ‘’Moi, c’est coco que je revends. Et je le fais parce maman n’a pas d’argent. La vie est trop chère. C’est pour cela elle nous a dit de venir vendre. Sinon, je suis élève. Mais comme c’est les vacances, je dois l’aider pour qu’elle achète mes outils de l’école’’, a révélé cette élève en classe de 3ème année.
Bref, la majorité des enfants vendeurs des différents articles sur le marché, se livre à cette pratique en pratique en raison de la cherté de la vie. Plongés dans l’extrême pauvreté, ces enfants ne sachant nullement qu’ils sont protégés par les lois de la République, tentent tout de même d’épauler leurs parents afin de pouvoir se nourrir et subvenir à leurs besoins.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
