La Guinée fait tant pleurer ses enfants auxquels elle n’apporte pas de protection ni assistance dans les situations d’injustice et d’oppression flagrantes qu’elle en est punie. Les Guinéens vivent chacun replié sur lui-même, indifférent aux malheurs des autres, parce que beaucoup d’entre eux sont convaincus que c’est la meilleure des choses à faire pour assurer leur survie et jouir de leur confort dans une fausse béatitude.
La Guinée ! Voilà un pays malheureux où tout peut arriver à tout le monde à tout moment dans l’insouciance de tous. Une histoire de feu et de sang, qui continue et que beaucoup subissent dans leur chair et leur âme. Des citoyens anonymes aux plus illustres des personnalités, personne n’est épargné. Ni regrets ni repentance de la part des bourreaux qui, d’une époque à une autre, de génération en génération, se relayent et ne se lassent pas de faire des victimes innocentes. Celles-ci sont si nombreuses qu’on leur demande toujours de pardonner pour les besoins de la réconciliation plutôt que de leur offrir une perspective de justice indispensable à panser des blessures et à faire le deuil de toutes les tragédies. Le procès qui se tient sous nos yeux pour juger des personnalités dont un ancien chef d’Etat, présumées responsables du massacre survenu au stade du 28 septembre en 2009 , ouvre une brèche pour la fin de l’impunité et de l’immunité absolues face aux crimes. Il y aura un avant et après de ce procès bien que symbolique destiné à marquer les consciences que d’aider à la manifestation de la vérité dans toute son étendue, tout ayant été fait avec une certaine précipitation pour aller vite mais pas forcément bien.
La justice est faite pour tout le monde, aussi bien pour le pêcheur de tous les jours que les seigneurs qui abusent de leur autorité, de leur pouvoir pour bafouer les droits des autres, briser des vies, détruire des réputations.
Ibrahima kassory Fofana qui a commencé à servir la Guinée, très tôt, à l’âge où d’autres se laissent aller aux tentations de la vie , n’a pas connu les délices de la jeunesse ni les bienfaits d’une retraite méritée. Servir le pays et ses compatriotes tant qu’il en a la force et l’énergie est sa passion de toujours qu’il ne peut regretter, quoi qu’il lui arrive, mais lui cause aujourd’hui les pires ennuis.
Dans une société qui ne perd pas sa foi, même si Dieu n’y est pas à l’aise, parce qu’il ne peut s’accommoder du mal ni faire bon ménage avec les mécréants, on dira toujours que c’est son destin. Kassory Fofana, un homme bon et humble, d’une piété sans faille, proche des gens, engagé pour sa nation, mérite mieux que le traitement dégradant qui lui est infligé depuis de longs mois. Pour l’opinion, il est victime d’une cabale politique qu’on tente de noyer dans une action judiciaire qui ne sera pas oubliée ni pardonnée par l’opinion et l’histoire. On ne peut confondre un accusé accablé par des faits à un otage d’un régime retenu parce qu’il serait une menace contre l’ordre établi ou manifesterait des ambitions légitimes de succéder au Prince. C’est ce que veut faire la justice que l’opinion n’accepte pas et sanctionnera le moment venu. Kassory Fofana vit dans cet espoir , lui , le fils d’imam, sait que Dieu n’abandonne pas les innocents et arrête toujours les personnes qui veulent rivaliser avec lui en voulant disposer de la vie des autres, en se risquant à décider du sort de tous dans la cité.
Kassory Fofana n’a de Dieu que Dieu. C’est pourquoi, il triomphera de ses ennemis et de toutes les tourmentes.
Alpha Amadou Kourah Baldé.
