Dans cette troisième partie de l’entretien qu’il a accordé à notre rédaction, l’ancien premier ministre guinéen et diplomate onusien nous parle de son parti politique Union nationale des patriotes de Guinée (UNPG), crée il y a à peine 8 mois et de son positionnement. Mais aussi, de ses relations avec les autres acteurs comme Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré. Doit-on s’attendre à une future collaboration entre sa formation politique, l’UFDG et l’UFR ? François Loucény Fall s’exprime sans ambages.
LEREVELATEUR224.COM : Vous avez signé votre retour sur l’arène politique il y a juste huit (8) mois. Plusieurs coalitions ont vu le jour depuis le début de la transition. Vous avez entendu parler des forces vives de Guinée, de la Coalition Union Sacrée. Vous vous positionnez comment ? Quels sont vos rapports avec les autres acteurs politiques ?
FRANÇOIS LOUCÉNY FALL : J’avoue que nous n’appartenons à une aucune coalition pour le moment. Nous sommes en train de nous organiser avec d’autres partis pour former une coalition. Je pense que cette coalition verra le jour bientôt avec d’autres partis qui n’ont pas participé au dialogue précédent. Mais mon souhait est que la raison l’emporte et qu’on regarde en arrière sur le passé de notre pays, et qu’il y a plus d’une dizaine d’années, on s’est retrouvés dans la même situation, dans une transition, qui s’est tellement mal terminée dans la violence. Moi j’en garde encore un souvenir très amer des atrocités que j’ai vues le 28 septembre 2009. Je ne souhaite pas que ces mêmes attitudes se répètent dans notre pays.
Pour notre part, nous, nous disons, avec le temps, nous ne participerons pas aux manifestations de rues. Le parti en a décidé ainsi et moi-même. Je ne suis pas prêt à envoyer mes militants dans la rue pour affronter l’armée. Mais, nous ferons valoir notre point de vue, en exprimant notre point de vue clairement, comme je le fais depuis quelques jours. Mais la violence, je ne suis vraiment pas pour.
Je pense que, j’ai passé des années récemment dans des pays en conflits, j’ai servi dans des pays qui ont de graves problèmes comme la Somalie, la République Centrafricaine, et plusieurs pays en Afrique centrale, où il y a eu de graves conflits. J’étais un acteur de prévention. Je ne peux pas faire ce travail ailleurs et venir créer des troubles chez moi. Je crois que même le regard de la communauté internationale est sur moi, les Nations Unies, ils savent que je suis venu avec des valeurs de paix et de dialogue. Et c’est au nom de cela que mon parti va agir.
Mais je souhaite aussi que le Gouvernement comprenne, que c’est le droit souverain de tous les partis politiques de réclamer la fin de la transition. C’est notre droit absolu. Non seulement c’est notre droit de réclamer la fin de la transition, l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes, mais aussi, le respect de la charte de la transition, à savoir, qu’il y ait des élections sans la participation des membres du CNRD. Voilà ce que nous, nous réclamons. Et c’est mon souhait le plus ardent.
Pourtant, il y a certains qui pensent que vous êtes proche des autorités de la transition…
J’ai répondu mille fois à cette question. Je pense que notre arrivée sur la scène politique a dérangé plusieurs partis. J’ai échangé aujourd’hui (lundi 13 mai 2024) avec un grand leader d’un grand parti politique connu. Après ma déclaration à la suite des propos du premier ministre Bah Oury, il m’a appelé et dit : ah, je crois qu’on s’est trompé. On avait cru que vous étiez le candidat de la junte. Mais on se rend compte que vous êtes resté le même. Je tairais le nom, c’est un grand leader politique, d’un grand parti qui a conversé avec moi aujourd’hui, qui m’a dit : qu’on s’est trompé, vous êtes toujours derrière les valeurs pour lesquelles vous vous êtes toujours illustré.
Moi je ne suis pas proche du CNRD, il n’y a aucune raison que je sois proche d’eux. Je ne suis pas contre eux, je ne suis pas contre le CNRD, je n’ai aucune raison d’être contre le CNRD. Il y a un respect entre nous, je n’ai rien contre eux, mais je ne suis pas proche d’eux.
Vous avez déjà annoncé que vous serez candidat à la prochaine présidentielle. Comment vous vous préparez sur le terrain ?

J’ai créé ce parti pour être candidat. Je n’ai pas créé ce parti pour amuser la galerie. J’ai compris que ce pays a besoin d’un sang neuf. J’ai compris que ce pays a besoin d’un leadership de compétence, d’expérience, mais aussi de probité. Et c’est la raison pour laquelle, au nom de ces trois critères, que je me suis lancé en politique. Nous nous préparons pour l’élection présidentielle, nous l’avons annoncé, il n’y a pas de secret dessus, nous serons candidat si Dieu le veut. Nous nous préparons conséquemment, notre parti qui existe depuis huit (8) mois, a fait des progrès importants, nous nous implantons un peu partout. Nous avons des représentants dans presque toutes les préfectures. Et, nous sommes solidement aussi installés à l’étranger. Nous continuons notre implantation tranquillement, et je crois que c’est ce qui nous intéresse de plus aujourd’hui. Puisque si nous devons aller aux élections aujourd’hui, nous devons être prêts. Et pour être prêt, c’est être implanté. Et donc, c’est ce que nous faisons.
Peut-on s’attendre à une prochaine collaboration avec l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ou l’UFR de Sidya Touré ?
Les alliances ont déjà commencé. Nous sommes dans la vie politique, on va pour une élection. Vous savez que, quand on va dans une élection, il faut laisser toutes tes portes ouvertes. Alors, pour nous aussi, toutes nos portes sont ouvertes. Nous n’avons pas d’apriori, nous avons des relations amicales avec tous ces grands leaders dont vous parlez, et toutes les portes sont ouvertes. C’est le terrain qui commandera.
Entretien réalisé par Alpha Madiou BAH.
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