Depuis le 23 mars 2024, la cité de Kissi-kaba Keita est frappée de plein fouet par une nouvelle crise de carburant. En effet, depuis l’explosion du dépôt de Coronthie, les crises sporadiques de carburant sont monnaie courante à Kissidougou, avec leur corolaire de spéculation.
Contrairement à la précédente pénurie d’envergure nationale pendant laquelle de longues files d’attente se formaient devant les stations-services, cette fois-ci, c’est un blackout total. Une situation qui est mal accueillie au sein des populations locales, qui n’hésitent pas à pointer un doigt accusateur vers les gérants des stations qui seraient selon elles, les seuls responsables de ces crises qui n’en valent pas la peine d’exister. Aussi, cet avis est grandement partagé par les transporteurs et les conducteurs de motos-taxis dont les activités sont largement affectées par cette perturbation. Moumini Balla Kaba, secrétaire général du syndicat des transporteurs de Kissidougou, fustige cette attitude cynique de certains gérants de stations.

‘’Quand je prends la parole, je m’exprime au nom de tous ceux qui évoluent dans le secteur des transports y compris les conducteurs de motos-taxis. Dans cette période de crise, nos difficultés sont énormes et c’est la même chose pour nos passagers aussi. A Kissidougou, beaucoup de gérants de stations sont spécialistes dans la fabrication des fausses crises. Ils sont tous connus par le grand public, moi-même je connais certains d’entre eux. Nous avons remarqué des stations qui ferment la journée, mais qui sont opérationnelles seulement la nuit. Alors, ils sont démasqués, c’est pourquoi, nous leur demandons d’abandonner ces pratiques honteuses qui rendent la vie plus difficile à nos concitoyens, parce que le secteur des transports concerne tout le monde’’, a-t-il déclaré.
Pour le patron du syndicat des transporteurs de Kissidougou, pas question d’augmenter les prix des transports pendant cette période difficile.
‘’Nous avons réuni les chauffeurs et nous leur avons sensibilisé par rapport aux prix des transports. A cette occasion, nous avons rappelé à tout le monde que les prix initialement fixés restent en vigueur, malgré la crise. Donc, nous avons été ferme là-dessus. Celui qui ne peut travailler avec ce prix initial, alors qu’il gare sa voiture jusqu’à la fin de ladite crise. Et jusqu’à date, les prix n’ont pas variés. C’est pourquoi, je remercie les transporteurs de Kissidougou pour leur esprit citoyen. Je rappelle que pendant la dernière crise de carburant, que le pays avait connue en début d’année, nous avions travaillé main dans la main avec la SONAP et les autorités administratives que je remercie de passage’’, a-t-il témoigné.
Dans les rangs des citoyens désespérés, c’est la ruée vers le marché noir, qui est souvent impitoyable dans ces genres de situations. C’est le cas Lanciné Mara qui réside à Nongoa, dans Guéckédou, mais actuellement bloqué à Kissidougou par manque de carburant.

‘’Ça fait comme ça deux jours que je suis bloqué à Kissidougou, impossible pour moi de trouver du carburant pour rejoindre ma famille à Nongoa. Les pompistes ne répondent même pas à la salutation ; donc, j’ai sillonné les marchés noirs, mais c’est table rase partout. J’interpelle le nouveau gouvernement à se pencher sur cette affaire de carburant, car de nos jours, pour vivre, il faut bouger. Moi je fais la navette entre Guéckédou et Kissidougou pour nourrir ma famille, mais aujourd’hui j’avoue que je suis perdu’’, a-t-il déploré.
Pourtant, un cadre de la SONAP qui a préféré garder l’anonymat, nous a confié que sa structure est en train de tout mettre en œuvre pour fournir abondement de carburant aux 20 stations-services de la préfecture de Kissidougou. Selon nos constats sur le terrain, un litre d’essence se négocierait entre 15 et 20 mille francs guinéens à travers la ville.
À noter que dans les couloirs des autorités administratives, on annonce que beaucoup de camions citernes seraient en route pour alimenter les stations-services.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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