Le 26 mars 1984, à la surprise générale, le Premier Ministre, Dr. Lansana Béavogui, d’une voix brisée par le choc, annonce sur les antennes de la voix de la révolution, le décès brutal du responsable suprême de la révolution, le Président Ahmed Sékou Touré, dans une Clinique de Cleveland, aux États-Unis d’Amérique. Le 30 mars de la même année, les Guinéens, en présence de nombreux grands dirigeants africains et mondiaux de l’époque, rendent hommage et accompagnent à sa dernière demeure, l’un des dirigeants les plus prestigieux et influents de l’histoire contemporaine du continent.
À Kankan, 40 ans après sa disparition, que reste-t-il de l’image du premier Président de la Guinée indépendante aux yeux de la jeunesse? Pour Aboubacar Cherif, étudiant à l’université Julius Nyéréré de Kankan, le simple nom d’Ahmed Sékou Touré est une source d’inspiration pour tout jeune Guinéen.
‘’D’abord ça inspire un espoir total pour nous jeunes Guinéens où qu’on se trouve, c’est une fierté. Parce que c’est à travers ce grand homme et ses compagnons de l’indépendance, que notre pays a accédé à son indépendance avec son fameux discours du 25 août 1958, lors de la visite du Général De gaule. Ce monsieur mérite le respect absolu’’, a-t-il estimé.
Quand à Alhassane Camara, réparateur, il loue la gestion de l’homme en tant que président et interpelle la conscience des dirigeants actuels. ‘’Nous, on n’a pas vécu son régime. Mais selon ce qu’on nous toujours raconter, que c’était un monsieur qui avait toujours mis la Guinée avant toute autre chose, et non ses intérêts personnels, sinon, il en avait la possibilité à l’époque. Et, c’est ce qui manque aujourd’hui aux dirigeants Guinéens qui arrivent aux affaires, ils ne pensent qu’à leurs propres intérêts et non à celui du peuple très malheureusement. Ahmed Sékou Touré a pu installer au moins une entreprise dans chacune des préfectures du pays pour lutter contre le chômage sur toute l’étendue du territoire national. Mais, ce point que ses successeurs ont lentement et inexorablement laissé enfouir avec la mort de presque tous les acteurs et témoins des faits, constitue la tâche sur le bilan d’un Président qui a profondément aimé la Guinée et défendu de toutes ses forces ses intérêts, un leader Africain qui, mieux que quiconque, s’est affirmé dans la lutte pour la libération totale, l’unité et l’émancipation du Continent. Il a fait de son pays, la Guinée, la base des mouvements de libération des pays non seulement africains, mais aussi, des autres continents sous domination coloniale’’, a-t-il souligné.
De son côté, Laye Mamoudou Condé estime que le guide de la révolution guinéenne est l’incarnation du patriotisme. ‘’Sékou Touré a incarné et même après sa mort, il continue d’incarner le patriotisme, dans le sens de collaboration, de réconciliation et de combattant révolutionnaire pour toute l’Afrique’’.
Révolutionnaire pour certains, dictateur pour d’autres, Ismaël Camara pense que Sékou Touré était le dirigeant qu’il fallait à la Guinée.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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