Les ministres de la transition n’étouffent pas de modestie, projetés au devant de la scène par un concours de circonstances extraordinaire. Ils ont permis de croire au miracle guinéen et de convaincre tous qu’il n’y a rien d’impossible pour personne : question de temps et d’opportunités !
Ces trois dernières années, l’ordre établi a été renversé, la pyramide aussi. Pour la plupart des nouveaux seigneurs, leur règne n’a pas de limites dans le temps et doit s’imposer à tous tout le temps. Aussi, sont-ils tous surpris et contrariés d’être remerciés après avoir vécu dans l’illusion de l’éternité.
Le locataire, très souvent, finit par se prendre pour le propriétaire avant de se rendre compte, toujours à ses dépends, qu’il n’en est rien. Certaines de leurs excellences en attendant que d’autres ne suivent, car, tôt ou tard le charme sera rompu, retrouvent la vie monotone sans saveur, ni splendeur du citoyen ordinaire avec un pincement au cœur et une certaine angoisse de lendemains incertains.
Au moment de la fonction, on succombe à la vanité d’être un surhomme, faiseur de miracles, au-dessus de tout et de tout le monde, fondé à distribuer les bons et mauvais points. Lorsque le moment de faire ses adieux arrive, on s’improvise conseiller, éclairé et sage petri d’expérience et enclin à l’humanité et à l’humilité. On quitte la posture de donneur de leçons pour épouser la sobriété du sachant appelé à dispenser des cours pratiques de vie, à partager l’expérience des servitudes du pouvoir. Doit-on attendre de tomber pour goûter à l’humilité? La raison, ne viendrait-elle donc que du désarroi de l’échec, de l’électrochoc d’espoirs déçus, d’ambitions contrariées?
Le cycle du pouvoir est à l’image de celui de la vie: tout ce qui vit mourra, qui monte au ciel, descendra sur terre, qui a été, ne sera plus.
On n’a pas besoin d’être devin pour comprendre que le temps aura raison de nous, le pouvoir n’est pas un ami fidèle ni un compagnon pour de bon.
Malheureusement, on ne s’en rend compte qu’après coup , on ne veut pas s’y résoudre avant de passer soi-même à la trappe. Rien ne reste dans la durée, chacun passera dans le temps, vivant ou mort.
L’édito du dimanche lerevelateur224.com
