L’interdiction de l’exportation de certains produits locaux est une décision prise par les autorités du pays, à l’image de l’année dernière. Il s’agit du piment, de l’aubergine, de la tomate fraiche, du taro, du manioc, du maïs, des farines de manioc et de maïs, du fonio, de l’igname, de la patate douce et de l’oignon. A N’Zérékoré, cette mesure est diversement appréciée par les vendeuses de ces produits locaux interdits de sortir du pays.
Rencontrés au marché communément appelé « Manakoli », ce Samedi 16 mars 2024, ces vendeurs et vendeuses ont exprimé leurs sentiments.

‘’L’interdiction de l’exportation de certains produits alimentaires c’est bon d’une part, d’autre , ce n’est pas bon. C’est bon, pourquoi ? Si ces produits qui, d’ailleurs sont des denrées de première nécessité ne sortent du pays, c’est une bonne chose pour nous, parce que ça nous permet nous aussi de manger convenablement et comme nous voulons aussi, car si on exporte l’oignon, le piment, et autres, il peut y avoir des manques. Nous qui sommes des grossistes, on peut venir trouver qu’il n’y en a plus et si ça manque, il y aura forcement la hausse des prix’’, a estimé hilomène Haba, vendeuse d’oignons au marché Manakoli.
Même son de cloche chez cet autre vendeur. Lui, apprécie la décision des autorités de la transition à sa juste valeur.

‘’C’est une très bonne chose, la décision-là. Quand ces produits dont l’Etat fait allusion ne vont pas dans les pays voisins, les prix seront abordables et on pourra s’approvisionner à n’importe quand. Mais si toutefois les gens viennent de l’extérieur pour acheter ces denrées de première nécessité, on assistera à la flambée des prix, mais aussi le manque sera criard dans nos marchés et chose qui pourra jouer négativement sur le panier de la ménagère. Donc, pour moi, la décision, elle est la bienvenue’’, s’est réjoui Mohamed Condé.
Contrairement à nos premiers interlocuteurs, cette dame trouve la décision des dirigeants du pays anormal, par le fait qu’elle voit sa marchandise en péril sans être liquidée ailleurs.

‘’Vous-même vous voyez non ? Ma marchandise se détériore en longueur de journée. Tout ne peut être acheté ici seulement, il faut que ça soit exporté vers les pays voisins. Ce sont des produits qui sont fragiles. Ça se gâte facilement. Prenons l’exemple sur le piment, l’aubergine, le gombo tout frais, si ce n’est pas vendu le plus vite que possible, 2 ou 3 jours, c’est de la pourriture que vous allez constater, alors qu’on n’a même pas où stoker ces produits sans être endommagés. C’est une manière de faire perdre et si on enregistre des pertes chaque jour, comment pourrons-nous subvenir à nos besoins réguliers ?’’, s’est interrogée Matenè Kourouma.
La décision des autorités de la transition interdisant l’exportation de certains produits alimentaires pendant trois mois, prise en prélude du mois de ramadan, n’est pas une première en République de Guinée. L’année dernière, cette décision avait vu jour même si elle n’était pas profitable par tous les vendeurs et vendeuses de ces denrées de première nécessité.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
